Peinture sur bois : comment préparer son support !

Qui dit peinture, dit souvent toile ! Et pourtant, la peinture sur bois a toujours existé dans l’histoire de l’art, que ce soit sur sculptures, panneaux ou divers types d’objets. La toile ne fit son apparition qu’au XVème siècle. Elle offrit le triple avantage d’un support léger, transportable en rouleau, et de grand format si le peintre le souhaitait : d’où la grande popularité du support toile !

Pourtant, la peinture sur bois comporte quelques avantages par rapport à la toile, du fait de la rigidité du bois:

  • Place aux effets de matière et aux couches très texturées, aux collages et à toute l’épaisseur souhaitée, étant donné que le support ne risque pas de se déformer sous le poids.

  • Ce support permet à toutes les techniques de s’exprimer, du crayon de couleur à la peinture à l’huile en passant par l’acrylique, la tempéra, caséine etc.

  • L’oeuvre est moins sensible aux éventuels chocs, aux mauvaises manipulations ou au mauvais stockage. Même si elle le reste toujours face à l’humidité ou la sécheresse…

  • Pour les amateurs de feuilles d’or, le bois est idéal pour l’étape du brunissage nécessitant une pression forte sur le support.

  • Peindre sur bois est tout simplement une autre expérience artistique. La tenue du pinceau n’est pas tout à fait la même, la sensation du peintre et le résultat non plus.

Cependant l’inconvénient d’un format plutôt réduit subsiste.

Le choix du bois 

Chez les fournisseurs de matériel de beaux-arts, il existe des supports en bois tout prêts à peindre, préparés, polis, renforcés, et surtout très esthétique. Mais c’est votre budget qui risquerait d’en prendre un coup. Cependant, pour des œuvres destinées à la vente, cela peut être une garantie de résultat et de bonne conservation dans le temps. A vous de voir.

D’un autre côté, choisir et préparer son panneau de bois soi-même est non seulement gratifiant et économique, mais aussi adaptable aux besoins de chacun.

Il existe plusieurs possibilités : la peinture sur bois massif, sur contreplaqué, MDF, isorel, aggloméré etc.

Dans l’ensemble des cas, les deux principes à prendre en considération sont : le poids et la déformation éventuelle du bois. Les formats trop grands sont à exclure.

  • Le bois massif : choisir un panneau de bois dense, composé d’une seule pièce, avec le moins de défauts et de noeuds possible pour anticiper les mouvements du bois.

  • Le contreplaqué : Composé de fines tranches de bois superposées/collées à contre-fil, il ne se déforme pas ou très peu, et présente une surface très homogène. A partir d’une certaine épaisseur il devient vite lourd. Ses inconvénients : moyennement économique, il est aussi difficile voire impossible à poncer à cause de la colle qui soude les feuilles de bois. Une couche de gesso est donc nécessaire, sauf si le dessin des fibres sert votre art. Mais il est esthétique, solide, et se conserve très bien.
  • Le MDF, l’isorel, l’aggloméré : Tous trois sont des panneaux de particules ou fibres de bois agglomérés par un puissant liant. Leur caractéristiques : économiques, ils peuvent avoir plusieurs types de surface, du plus lisse au plus rugueux. Bruts ( sans revêtement comme pour les mélaminés), ils ont tendance à absorber beaucoup la peinture d’où la nécessité de bien les préparer avant de peindre. Trop fins, ils se déforment facilement sous l’effet de l’humidité qu’apporte la couche de peinture. Mais d’épaisseur moyenne, ils restent une excellente alternative.

Préparation des supports 

Dans la préparation du bois, il faut retenir deux étapes principales, après le ponçage du bois, pour éliminer les irrégularités et permettre à la couche d’encollage de mieux accrocher.

  • L’encollage : Il s’agit d’appliquer une sorte de colle sur la surface en bois, pour souder les fibres entre elles et former une couche protectrice pour le bois et accrocheuse pour l’enduction. L’encollage va saturer la surface du bois, et éviter que la couche de préparation ne soit absorbée par le support. Plusieurs couches sont souvent nécessaires quand le bois boit beaucoup. Cette étape renforce également le matériau contre les craquelures, moisissures, redressement des fibres etc. Cette étape est incontournable.

A noter : pour éviter le gondolage du bois sous l’effet de l’humidité, il est préférable d’appliquer les couches d’encollage simultanément sur les deux faces.

Les matériaux à utiliser :

        • Technique traditionnelle : colle de peau de lapin, colle de poisson, caséine etc… La mise en œuvre de ces encollage traditionnels demanderait un autre article, car il faut respecter les recettes de fabrication. Si cela vous intéresse, dites-le moi en commentaire 😉

        • Du liant synthétique: Bindex, Caparol, liant acrylique etc.. Diluables à l’eau, faciles d’utilisation et résistants, ces liants sont irréversibles une fois sec. Il suffit de les fluidifier avec de l’eau et de les appliquer sur tous les côtés du support avec un spalter. Après un séchage rapide, une seconde voire une troisième couche peuvent s’avérer nécessaires.

  • La préparation ou enduction ou gesso : Son rôle est d’accueillir la peinture sur une surface idéalement accrocheuse, et d’isoler le support d’une éventuelle agressivité chimique de celle-ci ( ex : les solvants de la peinture à l’huile). L’enduction a aussi une fonction esthétique, adaptable à tous les besoins : poncée pour un rendu lisse, ou bien rugueuse et granulée, texturée.

    Les matériaux à utiliser : Le liant de l’enduction est très souvent le même que celui de l’encollage. La solution la plus simple reste d’employer du gesso tout préparé, mais son coût peut être dissuasif. Autrement, il suffit de mélanger au liant de la craie, ou blanc de Meudon, en proportions égales, et d’ajouter de l’eau pour fluidifier si besoin.

    Appliquer une couche fine d’enduction au spalter. Poncer une fois sec avec un grain très fin. Repasser autant de couches que nécessaire.

    C’est durant cette étape que vous pouvez, à loisir, donner une texture à votre fond, ou ajouter du sable, ou tout autre matériau inerte !

    Concernant l’enduction traditionnelle, encore une fois, elle mériterait un autre article à elle seule. Je n’en parlerai pas ici.

Et voilà votre surface prête à peindre !!! 

Observations

Les procédés expliqués plus haut expliquent comment bien préparer son support bois. Mais, vous trouverez peut être qu’il suffit juste de passer plusieurs couches de peinture acrylique ou de peinture glycérophtalique sur le bois pour le préparer. D’autres mélangent de la colle avec de la craie et l’appliquent directement sur le bois brut. Oui, ça peut marcher sur le moment, mais vous aurez du mal à poncer, le rendu ne sera pas aussi esthétique et la conservation dans le temps n’est pas garantie, surtout si vous destinez votre œuvre à la vente ! De plus, si vous employez de la colle, sachez que celle-ci n’a pas été conçue pour cohabiter avec des pigments. Dans quelques années, à quoi cela ressemblera t’il ? Ayant pratiqué la restauration de peintures, je peux vous dire qu’un des gros problèmes des restaurateurs d’œuvres modernes reste la mauvaise mise en œuvre et le mauvais emploi des matériaux. Qui sait si vous ne serez pas célèbres pour vos tableaux dans 50 ans ? 😉

Pour l’entraînement, c’est une autre histoire… 😉

J’espère que cet article vous a aidé ! A très bientôt dans les commentaires !

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