Peinture à l’huile sur gouache : à tester de toute urgence !

 

Vous avez de la peinture à l’huile chez vous et de la gouache ? Surtout n’hésitez pas un instant à tester cette technique très variée et agréable à pratiquer : la peinture à l’huile sur gouache. En pratique c’est très simple, et le résultat est impressionnant : des couleurs profondes et surtout très subtiles.

A l’origine de cette expérimentation 

Pour ne rien vous cacher, j’ai testé cette technique tout récemment en m’inspirant des cours de faux-bois auxquels j’ai assisté il y a quelques années. Pour imiter certaines essences de bois aux couleurs très profondes, telles que l’acajou, on peignait à l’huile sur de la colle de peau de lapin. La colle de peau de lapin, utilisée par nos anciens comme liant pour peinture, gesso ou colle, fait partie des techniques dites à la détrempe : elle est réversible à l’eau, c’est-à-dire qu’on peut la rediluer à l’eau… tout comme la gouache et l’aquarelle par exemple.

Une des caractéristiques principales de ces peintures à la détrempe est leur très grande porosité, qui les rend si sensibles à l’humidité. Mais, transformée en avantage, cette porosité permet à une éventuelle couche de peinture superposée d’imprégner totalement la couche du dessous… à condition que la couche du dessus ne contienne pas d’eau, sinon la couche de dessous peut se dissoudre. Bien sûr, on peut superposer les couches de détrempe sans les redissoudre, mais l’exercice est périlleux et demande une certaine maïtrise.

Oui et alors ?

Patience, on en arrive enfin au sujet 😀 . Le meilleur parti à tirer de la porosité de la gouache est donc de superposer la couche de celle-ci avec un glacis à l’huile.

  • D’une part, les couches ne se mélangeront pas car l’huile se dilue avec des solvants tels que l’essence de térébenthine ou du white spirit et la gouache se dilue à l’eau. Il n’est donc pas possible de remplacer la peinture à l’huile par de l’acrylique par exemple, car celle-ci nécessite de l’eau comme la gouache. 
  • D’autre part, le caractère gras de l’huile va imprégner la couche sous-jacente pour donner de la profondeur à sa couleur.

De plus, ces deux techniques se complètent harmonieusement puisque la gouache se travaille avec des touches nettes et des plages de couleur bien délimitées (séchant vite, on n’a guère le temps de réaliser des fondus), et l’huile peut se travailler en fondus et dégradés. Les deux effets superposés donnent un rendu très subtil et intéressant.

Sur quel support ?

Le principal est que le support soit un minimum poreux pour que la gouache adhère sans craqueler au séchage : papier ou toile.  

Mais comme une illustration vaut plus que 1000 mots : voici un petit bonsaï réalisé avec cette technique.

Les premières photos illustrent les couches de gouache successives

Etape 1 : contour et ombres de l’arbre à la gouache noire.

 

J’ai choisi de réaliser un monochrome à la gouache avant d’appliquer des glacis de couleur à l’huile. On n’est pas du tout obligé de commencer par un monochrome, c’est ma façon de faire pour bien unifier l’ensemble.

Etape 2 : après les contours en noir, réalisation des nuance de l’arbre en monochrome.

 

Après l’étape 2. Monochrome à la gouache avant le passage à l’huile.

 

Résultat final après le glacis coloré à l’huile.

 

Gros plan sur le résultat final : on distingue la couche orangée de gouache sous-jacente qui rehausse subtilement le glacis à l’huile.

 

Et voilà, j’espère que la découverte ou redécouverte de cette technique vous a donné envie d’essayer à votre tour. N’hésitez pas à poser vos questions en commentaire, je me ferai un plaisir d’y répondre.

A très bientôt 😉

PS : Vous ai-je précisé que travailler les glacis sur la gouache était un PUR plaisir, et que le pinceau glissait tout seul ? En tout cas c’est ce que j’ai préféré pendant la réalisation de ce petit bonsaÏ.  

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Cet article a 4 commentaires

  1. Avatar
    Florence

    Salut Camille, cette technique est très intéressante! 😉 Merci pour cette découverte. Cela donne vraiment envie de l’essayer! Quand tu réalises ton monochrome à la gouache, tu utilises quelle couleur pour l’ensemble? Une terre d’ombre naturelle? Brûlée? Et pour ton glacis à l’huile je suppose que tu utilises plusieurs couleurs non? J’ai l’impression qu’il y a un glacis un peu bleuté sur le tronc et un vert pour le feuillage. C’est bien ça? Merci d’avance pour ces quelques demandes de précisions. A bientôt. ☺️

    1. Camille le Roux
      Camille le Roux

      Bonjour Florence 😉 je ne peux que t’encourager à essayer! J’ai fait un monochrome un peu évolué en utilisant 3 couleurs différentes mais qui sont dans la même tranche chromatique : noir, terre de sienne brûlée et terre de sienne naturelle. Le glacis à l’huile est coloré oui : sur le tronc une sorte de gris bleuté qui contrebalance avec le fond très chaud à la gouache, et du vert pour les feuillages. A très bientôt 😉

  2. Avatar

    Oui tréteaux intéressant je redécouvre en fait ça donne envie de s y remettre. J ai fait une formation de peinture décor.
    On utilisait aussi de l’acrylique à la place de la gouache. Qu’en pensez vous ?
    Nath

    1. Camille le Roux
      Camille le Roux

      Bonjour Nathalie, ravie que cette technique vous donne envie 🙂 L’huile sur acrylique ne donnera pas les mêmes résultats car la couche d’acrylique ne sera pas imprégnée d’huile, n’étant pas poreuse! Mais c’est une technique intéressante également pour d’autres raisons 😉

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