Mon premier podcast: Imiter le style de Van Gogh !

Champs de blé avec cyprès, 1889, Van Gogh

Champagne 🙂 🙂 !!! Aujourd’hui c’est l’inauguration d’une nouvelle série d’articles consacrés à l’imitation du style de peintres célèbres. Pour quelle raison ? Comprendre ce qui nous fascine chez eux, ce qui les rend si incontournables et essayer de s’en inspirer pour renforcer et diversifier notre créativité !

Pour cette première édition, nous allons essayer d’en apprendre plus sur un peintre du XIXème siècle, qui a marqué des générations entières d’artistes, et qui fascine toujours autant par le style unique de ses œuvres. J’ai bien évidemment parlé de Van Gogh, le célèbre, le fameux, le génial Van Gogh 🙂

La grande nouveauté de cet article, est qu’il est disponible en format podcast, pour vous permettre de profiter de son contenu même dans les moments perdus de votre journée (comme dans les transports) ou tout en vaquant à vos occupations routinières 🙂 je vous demanderais juste un peu d’indulgence car c’est mon tout premier format audio, il est très loin d’être parfait mais je compte bien m’améliorer avec le temps ! 🙂

Cliquez sur “Play” au début de cet article, pour commencer à écouter, ou sur “télécharger” pour enregistrer ce podcast dans votre Smartphone par exemple.

Pour ceux qui préfèrent le format écrit, tout est retranscrit ci-dessous, comme dans un article standard. Bonne écoute, ou bonne lecture 😉

Pourquoi parler de Van Gogh ?

Tout simplement parce que j’apprécie de plus en plus cet artiste alors que ce n’était pas du tout le cas il y a quelques années, quand j’ai commencé à m’intéresser à l’art. J’ai mis beaucoup de temps à le cerner et à comprendre vraiment son travail. Mais, au fond peut-on vraiment comprendre son œuvre, qui est comme auréolée de mystère car elle touche à quelque chose de spirituel et en même temps de très passionnel et de tourmenté.

Je pense qu’il ne faut surtout pas se limiter à considérer Van Gogh par le prisme de la folie uniquement. Il appartient à ce genre d’artistes désespérés et contestataires, qui va mourir victime de son désespoir. Bon c’est vrai qu’il n’a pas eu la vie très facile : il buvait beaucoup, il était maladif et épileptique malgré sa constitution robuste, il est resté souvent solitaire et n’a pas eu d’enfants. Mais au-delà de ça c’était surtout quelqu’un doué d’une très grande sensibilité et d’une vive intelligence comme le démontrent les centaines et les centaines de lettres qu’on recense venant de lui. La grande complexité de ce personnage est justement ce qui rend ces œuvres uniques et si intéressantes.

Pour commencer je vous propose de faire un petit récapitulatif de sa vie, ce qui va nous permettre peut être de mieux le comprendre, d’apprécier son travail et de s’inspirer de son génie et de sa technique, de son emploi des couleurs et des formes pour enrichir notre propre créativité.

Enfance

Van Gogh naît le 30 mars 1853 dans un village hollandais. Son père est pasteur. Ce qui donnera à la religion et à la spiritualité une place très importante dans sa vie. Enfant, il est déjà hors du commun par son comportement et se distingue des autres enfants de son âge par son attrait pour la solitude. Il aime vagabonder seul dans la campagne et se livrer à ses propres rêveries et méditations au lieu de jouer avec ses camarades.

Question caractère, il n’est pas le plus aisé non plus à comprendre pour son entourage.

Balloté de droite à gauche…

A partir de seize ans il travaille successivement à la Haye, à Londres et à Paris pour une des plus grandes maisons de commerce d’oeuvres d’art de l’époque appartenant à un de ses oncles. Il y développe son amour pour les livres et l’histoire de l’art. Mais il est congédié suite à plusieurs manifestations excessives d’un tempérament irritable, instable et sans rigueur. Alors il cherche ailleurs sa voie.

L’influence de son paternel se fait de plus en plus sentir car il se tourne alors vers la lecture de la Bible et une vocation religieuse. Assoiffé de formation doctrinale, il devient élève en théologie à Amsterdam puis à Bruxelles mais à chaque fois il abandonne, allant d’échec en échec, pas parce qu’il était incapable intellectuellement mais parce qu’il se brouille avec ses professeurs.

En 1878 il devient tout de même prédicateur dans les campagnes de Belgique, et se donne sans compter dans cette tâche, à la mesure de son tempérament passionné. Il profite alors de ses nombreux voyages pour dessiner ce qu’il voit et développer son amour pour l’art et la nature.

Route à Etten, Van Gogh, 1881

Cependant son zèle excessif d’apôtre fait qu’il est à nouveau renvoyé. Déçu et un peu désespéré il cherche à nouveau sa voie et se met résolument à approfondir le dessin.

Il s’inscrit à l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles pour développer sa culture artistique et sa technique picturale. Il découvre dans les musées les œuvres de Rembrandt, Hals et surtout Millet à qui il voue une grande admiration. Mais les manières trop académiques de ses maîtres le désespèrent à nouveau, car ce qu’il recherche c’est toujours plus de liberté et d’expressivité dans sa peinture. Il se brouille avec eux. A ce stade de sa vie, sa peinture est encore un peu lourde et maladroite, surtout à cause de l’emploi du noir comme il était d’usage dans les clair-obscurs traditionnels. Et une peinture lourde, ça l’excède plus que tout !! Il ne trouve pas encore un style qui le satisfasse : il a besoin de joie, de lumière, de sérénité.

Paysanne cuisinant dans une cheminée, Van Gogh, 1885

Choc esthétique

Le grand tournant de son art va se faire à Paris ou il rejoindra son frère Théo, avec qui il entretenait une correspondance nourrie. Là, il a un vrai choc esthétique. Il rencontre la peinture post impressionniste de Pissaro, Signac, Seurat, Degas, Gauguin, qui révolutionnent son art de peindre. Il développe aussi son intérêt pour les estampes japonaises qui vont grandement l’influencer, surtout concernant le lien entre l’homme et la nature auquel il est très sensible.

Sa palette s’éclaircit, il ose enfin utiliser des vraies couleurs et se débarrasser du noir, son dessin s’assouplit, il change sa vision de la peinture au contact des peintres pointillistes et sa touche devient plus divisionniste et décomposée, en hachures. Il l’explore de différentes manières. Il expérimente beaucoup.

Autoportrait au chapeau de paille, Van Gogh, 1887

Sa passion pour la couleur devient alors une véritable frénésie. Il rêve de peindre des lumières éclatantes, un soleil brûlant.

Ah, le Sud !

En 1888 il décide de partir à Arles, où la lumière du Sud de la France le séduit par-dessus tout et l’émerveille. Les belles couleurs dilatent son âme. Il a 35 ans, il se sent heureux. Il travaille avec une grande facilité et un acharnement volontaire. C’est un passionné de la couleur et de la lumière, et quand il applique une couleur n’y va pas par quatre chemin. Indigo, vermillon, orangé, jaune, citron, vert émeraude purs appliqués sur la toile. Il change encore sa touche, de la touche diffractée il retourne aux applats et fait de gros empâtements. Son dessin est vigoureux, incisif, plus sûr de lui. Il réapprend à voir et à peindre.

La Vigne rouge, Van Gogh, 1888

En réalité cette frénésie picturale se réalise en parallèle d’une existence très pauvre, car il ne vend aucune toile. Et physiquement il se pousse à bout, tombe malade et se fragilise encore. C’est de cette période que date sa fameuse dispute avec Gauguin. Ce dernier est venu le rejoindre à Arles, mais rapidement leurs rapports se dégradent et le soir de Noël 1888, Van Gogh lui jette son verre au visage, s’enfuit dans sa chambre et se tranche l’oreille droite.

Un lent déclin

De cet événement il ne s’en remettra jamais totalement. Son physique ingrat, son caractère ombrageux, son expression maladive, inquiètent autour de lui. Il effraye la population qui réclame son internement. Victime d’hallucinations et de délires de plus en plus fréquents, Van Gogh rentre volontairement à l’asile de Saint-Rémy.

Et là il peint plus que jamais, de manière totalement frénétique, et ce sont ses plus grands chefs-d’oeuvres qui datent de cette période. Après son séjour à l’asile, il repart en région parisienne, à Auvers-sur-Oise, où il continue de créer sans cesse sous la surveillance d’un docteur amateur d’art. Mais la tristesse et le désespoir l’envahissent de plus en plus face au mal qui le ronge. En 1890, il se tire une balle dans la poitrine en plein campagne. Il a 37 ans. Il a peint plus de huit cent cinquante tableaux.

Iris, Van Gogh, 1890

L’oeuvre d’un fou ?

Après une vie aussi tourmentée, on comprend mieux pourquoi sa peinture est tourmentée. Mais quand il peint ce n’est pas pendant ses phases de délires et d’hallucinations. C’est dans ses moments de lucidité qu’il crée. Ses œuvres sont loin d’être celles d’un fou ! Elles sont instinctives, volontaires, elles marquent un tempérament très fort, mais elles sont toujours étonnamment logiques, et réfléchies. Les analyses scientifiques ont démontré qu’il n’y avait presque pas de repentirs ni de retouches sur ses tableaux.

Van Gogh écrivait :

«  Ce n’est pas seulement en s’abandonnant à ses impulsions qu’on atteint à la grandeur, mais aussi en limant patiemment le mur d’acier qui sépare ce qu’on sent de ce dont on est capable ».

Imiter Van Gogh

Alors, bien sûr quand je vous propose d’imiter Van Gogh, ce n’est pas imiter sa vie, mais plutôt imiter son style. 🙂

Déjà il faut comprendre que sa peinture est fougueuse et passionnée, mais néanmoins très réfléchie. Il y a une sorte de combat acharné entre la forme et la couleur. On ne sait plus bien si dans ses ciels tourbillonnants par exemple, c’est le dessin ou bien la couleur qui tourbillonnent.

Des contours très marqués

Alors rentrons davantage dans le concret. Pour peindre à sa façon, il faut commencer par tracer une esquisse rapide du sujet puis il faut marquer les contours des formes au pinceau. Attention pas avec du noir, mais une couleur plutôt brune et sombre ou qui se rapproche de la couleur complémentaire de l’objet. Les contours sont un peu comme le soutien des formes qui paraissent instables et insaisissables, et rétablissent l’équilibre avec la couleur qui est très présente.

La ligne des contours, surtout à la fin de sa vie ou il crée ses chefs d’œuvres les plus admirés et les plus aboutis, est un peu difforme. Quand il déforme les traits droits par des courbes plus ou moins prononcées, il rétablit toujours l’équilibre par une courbe dans l’autre sens. Cet équilibre est très important pour avoir une impression d’achèvement d’un tableau.

L’église d’Auvers-sur-Oise, Van Gogh, 1890

Le jeu des contrastes

Ensuite, évidemment il vous faut mettre la couleur. Alors quelles couleurs choisir ? Van Gogh avait une palette très pure et très simple. Pas beaucoup de couleurs, mais des couleurs puissantes et efficaces. La lumière du soleil est par exemple chez lui d’un jaune très cru.

Dans le choix de l’emplacement des couleurs, il joue beaucoup sur les contrastes. En mettant les complémentaires côte à côte, il donne beaucoup de force à l’une et à l’autre des ces deux complémentaires. Par exemple il pose du jaune orangé à côté d’un bleu très pur ce que accentue la profondeur du bleu et la luminosité du jaune. Pas besoin de blanc ! C’est un parti pris très audacieux.

Terrasse de café la nuit, Van Gogh

Ou alors il met du vert à côté de sa complémentaire, le rouge pour rendre l’atmosphère intense d’un café la nuit.

Un café la nuit à Arles, Van Gogh

Il écrit dans une de ses lettres :

« Je cherche à exprimer avec le rouge et le vert les terribles passions humaines. »

Ce qu’il faut saisir, c’est qu’il joue sans cesse avec les associations de couleurs. Allez voir ses œuvres de près, c’est frappant.Le jaune , qui est la couleur de la lumière, revient très fréquemment. Et le fait de les voir en vrai vous permettra de réaliser aussi qu’il peignait à grands coups de brosse et d’empâtements très structurés. Les gros empâtements permettent d’accrocher la véritable lumière, et accentuent ainsi celle du tableau.

Pour en revenir au choix des couleurs, Van Gogh lui-même a expliqué comment il avait procédé pour un de ses nombreux portraits, ce qui peut nous inspirer pour l’imiter.

«  J’exagère le blond de la chevelure, j’arrive aux tons orangés, aux chromes, au citron pâle. Derrière la tête, au lieu de peindre le mur banal du mesquin appartement, je peins l’infini, je fais un fond simple du bleu le plus riche, le plus intense que je puisse confectionner, et par cette simple combinaison la tête blonde, éclairée sur ce ton bleu riche, obtient un effet mystérieux comme l’étoile dans l’azur profond. »

Autoportrait de Van Gogh

Et voilà, tout est dit. Je ne pourrais pas mieux expliquer les choses 🙂

Voilà, j’espère sincèrement que cet article vous a permis de comprendre mieux l’artiste génial qu’était Van Gogh, ainsi que la puissance contenue dans les contrastes de couleurs qu’il a parfaitement exploités. Il ne nous reste plus qu’à expérimenter tout cela par nous-mêmes, et nous inspirer de sa recherche passionnée de l’expressivité par le dessin et la couleur.

Merci beaucoup d’avoir lu jusqu’au bout et je vous dis à bientôt ! 🙂

Crédit musical : The Time to run-Dexter Britain(auboutdufil.com)

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Cet article a 2 commentaires

  1. Avatar

    Je découvre ce blog, et je dois dire que j’ai pris beaucoup de plaisir à le parcourir.
    Je reviendrai avec plaisir.
    Par contre, il est dommage de ne pas avoir de newsletter 😉

    1. Avatar

      Merci Jimmy pour cet encouragement:-) Pour l’instant, la seule façon de s’abonner est de télécharger le guide pour Réussir la Perspective 😉

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