Le mélange des couleurs

Obtenir la couleur recherchée… Combien d’heures avons-nous passées à chercher la teinte souhaitée à force de mélanges et d’acharnement sur notre palette ? Après une longue période de concentration intense on y était presque, et voilà qu’on rajoute un bleu qui nous fait obtenir un vieux kaki bien sale… « Zut, faut qu’j’recommence, moi qui cherchais un beau vert lumineux… quelle galère ! » Et nous voilà repartis…

On a tous connu ça… D’où l’importance de se pencher sur certains principes qui régissent le mélange des couleurs, pour une plus grande économie de temps… et de peinture. 🙂

Quoi qu’on dise, et quel que soit le nombre de livres qu’on peut lire à ce sujet, l’univers des couleurs reste encore à explorer à travers l’interprétation de chacun. L’objectif de cet article est simplement de donner quelques pistes (loin d’être exhaustives !) pour vous aider à trouver rapidement la couleur que vous cherchez. 🙂 

Les couleurs du cercle chromatique

Le cercle chromatique est très utile pour mémoriser les principaux mélanges de couleurs. Si vous n’en avez pas en votre possession, créez-vous-en un en partant des trois couleurs de base : cyan, magenta et jaune. Et par la suite, en variant le rouge, le jaune et le bleu, afin d’obtenir des nuances différentes.

Sur ce cercle on retrouve donc :

  • Les couleurs primaires : jaune, cyan et magenta. On ne peut les obtenir par aucun mélange d’autres couleurs. A elles trois, elles sont susceptibles de formuler par mélanges entre elles, toutes les autres couleurs. 
  • Les couleurs secondaires : orange, vert et violet. Elles sont issues du mélange de deux couleurs primaires en proportions égales.
  • Les couleurs tertiaires : le pourpre, le turquoise, l’indigo, l’ocre, le vert chartreuse et le vermillon. Elles proviennent du mélange d’une couleur secondaire et d’une couleur primaire en proportions égales.

En principe, les trois couleurs primaires + le blanc permettent de retrouver toutes les autres

MAIS j’ai bien dit “en principe”…

Une théorie parfois difficile à appliquer

Car il est souvent compliqué de trouver une couleur bien précise à partir de ces trois-là uniquement. Par exemple, trouver un beau rouge profond en partant du magenta, sachant que celui-ci est un peu rose… gloups, c’est pas évident 🙁

De plus, dans la réalité, la peinture fabriquée n’est jamais parfaitement pure. Utiliser seulement les couleurs primaires reste une théorie bien jolie mais souvent difficile à appliquer !  

Heureusement nous avons plein de couleurs toutes faites mises à disposition par la nature ou les chimistes. D’ailleurs, les fabricants se font le plaisir de ravir nos yeux avec leurs étalages aux mille couleurs. Alors autant se simplifier la vie ! Même s’il peut être très intéressant de chercher à trouver une couleur complexe à partir uniquement du cyan, magenta, jaune et blanc, acheter un assortiment de nuances différentes pour chaque colori peut même donner des couleurs plus belles, comme vous le verrez ci-dessous !   

Comme promis,  je vais maintenant exposer ci-dessous quelques pistes en vrac pour vous aider dans vos mélanges de couleurs :  

Obtenir un noir vibrant… sans noir

Le mélange des trois couleurs primaires (cyan, jaune, magenta) entre elles donne une couleur noirâtre plus ou moins neutre. De manière plus générale, mélanger un rouge, un bleu et jaune aboutit à une couleur très sombre.

Les couleurs complémentaires mélangées entre elles donnent également un gris très foncé aux nuances différentes en fonction des proportions. Voyez plutôt :

Un couple de couleurs complémentaires est un couple de couleurs qui, mélangées, annulent la perception de couleur, produisant un gris neutre.

Quand on ajoute du blanc et du noir à une couleur…

Dans le vocabulaire artistique :

  • Ajouter du blanc à une couleur la dégrade.

  • Ajouter du noir à une couleur la rabat.

  • Ajouter du blanc et du noir à une couleur la rompt.

En bref, ajouter du blanc ou du noir à une couleur lui fait perdre de sa luminosité. L’ajout de blanc plombe une teinte, l’ajout de noir la salit. 

Éclaircir une couleur

Pour éclaircir une couleur, il ne suffit pas de lui ajouter du blanc, car ce dernier refroidit systématiquement une teinte.  Il faut bien souvent ajouter une couleur pour “chauffer” le mélange, comme ci-dessous : l’ajout de jaune réchauffe le vert ajouté au blanc. 

Foncer une couleur

Pour foncer une couleur, rajouter du noir la salirait et la rendrait terne.  Il vaut mieux ajouter la complémentaire en petite quantité, même si ça peut paraître contradictoire d’ajouter du jaune à du violet pour le foncer.  A tester sans modération 😉

Mais je vous vois venir : comment foncer une couleur qui ne figure pas sur le cercle chromatique, et qui n’a donc pas officiellement de complémentaire ?… comme le marron (pour info, la couleur marron n’existe pas, c’est du BRUN 😉 ) …comme le brun, du coup. Et bien, le brun s’obtenant par le mélange d’un bleu, d’un rouge, et d’un jaune, mais à majorité de rouge, il suffit de remélanger ces trois couleurs entre elles en concentrant davantage le mélange en bleu pour que ce soit plus foncé !   

Obtenir une couleur franche et lumineuse 

Un mélange de plusieurs couleurs aura toujours un résultat moins franc qu’une couleur fabriquée avec un seul pigment (= couleur pure). Donc il vaut mieux parfois avoir la couleur toute faite quand celle-ci correspond à un pigment précis, plutôt que de la formuler soi-même. Certaines luminosités et saturations ne sont d’ailleurs possibles qu’avec une peinture dont la teinte est issue d’un seul pigment. Dans l’exemple ci-dessous, j’ai essayé de reproduire du bleu outremer (issu à l’origine du broyage du lapis-lazuli) en mélangeant du cyan et du magenta. La teinte obtenue est à peu près similaire mais bien plus lumineuse pour l’outremer !   

 

Obtenir une couleur franche et lumineuse, mais par mélanges !

Pour chaque teinte (ou couleur), il en existe une à tendance chaude, et une à tendance froide. Ou même plusieurs dans chaque catégorie. Pour comprendre le principe des couleurs froides et des couleurs chaudes, je vous renvoie à un autre article sur la perspective atmosphérique. Mais par exemple, au sein des jaunes, le jaune citron est à tendance froide car il tire vers le vert (et le vert contient du bleu !), et le jaune de cadmium est à tendance chaude car il tire plus volontiers vers le rouge (même si c’est très subtil !)

Pour formuler un vert, il vaut donc mieux utiliser le jaune qui contient déjà une tendance verte en lui, ainsi qu’un bleu tirant lui aussi naturellement vers cette couleur, ce qui est le cas du bleu de Prusse. Le résultat n’en sera que plus franc, comme le démontre l’exemple ci-dessous  ! Le bleu outremer et le jaune de cadmium, plus “chauds”, ne sont pas prédisposés à formuler un vert, car ils ne contiennent pas cette nuance en eux.  

Pour mieux comprendre, regardez également les essais ci-dessous pour obtenir un beau violet : le vermillon et le bleu de Prusse penchent pour l’un vers le orange, et pour l’autre vers le vert. Aucun ne contient naturellement une légère nuance de violet, contrairement au magenta et au bleu outremer. Ces deux derniers sont donc prédisposés à rendre un violet lumineux. 

Conclusion

Vous avez maintenant pu saisir l’importance d’apprendre à observer quelles couleurs contiennent une nuance de quelle autre, afin de choisir ses couleurs de base en toute connaissance de cause. Vous savez maintenant que pour faire un orange éclatant il ne suffit pas de mélanger un rouge et un jaune. Encore-faut-il choisir le bon rouge et le bon jaune 😉 Vous l’aurez compris : un jaune légèrement orangé et un rouge vermillon !

Bien évidemment, il n’y a pas de mélange “interdit” ou de couleur “moche”. Un tableau plein de verdure nécessitera toute une gamme de verts, du plus terne au plus lumineux ! Le principal est de savoir formuler et l’un, et l’autre. Pour créer un beau kaki, mélangez un bleu chaud et un jaune orangé, vous l’aurez alors sur votre palette 🙂 

Voilà pour ces quelques pistes de recherches ! J’espère qu’elles vous ont plu, même s’il y en aurait encore beaucoup à partager 🙂 mais allons-y progressivement de peur de faire une indigestion…

A très bientôt 🙂 

PNB (Petit Nota Bene) : les photos publiées dans cet article ne reproduisent malheureusement pas aussi bien les résultats obtenus sur ma feuille. Mais essayez chez vous, vous constaterez tout par vous-même !  

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