La copie de tableaux : une étape indispensable ?

Bienvenue à nouveau sur Apprendre à peindre ! Comme ce n'est pas la première fois que vous venez ici, vous voudrez sans doute lire mon guide qui vous explique comment réussir la perspective dans vos tableaux et augmenter ainsi la qualité de vos réalisations : cliquez ici pour télécharger le livre gratuitement ! 🙂

Copier les tableaux de grands artistes est une méthode d’apprentissage ancestrale. En étudiant l’Histoire de l’Art, on réalise que tous les Grands Maîtres de la Peinture ont commencé par copier leurs prédécesseurs avant de développer leur propre style, même si ça peut paraître contradictoire ! 

De nos jours, on observe que cette pratique se perd de plus en plus. En effet, beaucoup d’artistes refusent d’y consacrer du temps souvent pour l’une des raisons suivantes : soit ils ignorent les bénéfices de la copie de tableau, soit cette tâche leur paraît très compliquée et ils ne se sentent pas à la hauteur, soit ils craignent de brider leur créativité en copiant les grands peintres.

Pour ma part, j’ai expérimenté cet exercice à plusieurs reprises et souhaite partager avec vous les quelques réflexions suivantes 😉 

Il existe plusieurs sortes de copies :

  • Les vraies, les véritables, celles réalisées par des peintres copistes, souvent professionnels, qui reprennent les mêmes matériaux que l’oeuvre d’origine, se renseignent sur la technique précise de l’artiste qu’ils vont copier, et se rendent dans les Musées pour travailler en vis-à-vis avec l’original. Cela leur permet de reproduire fidèlement tous les aspects du tableau qu’ils copient : dessin, couleurs, texture, épaisseur, coups de pinceaux etc.  
  • Les copies “d’amateurs”, qui reproduisent des oeuvres pour en retirer un apprentissage. C’est a priori notre cas ;-). L’objectif est dans ce cas de s’approcher au plus près de l’oeuvre originale, mais avec les moyens à notre disposition. Le travail est souvent réalisé d’après photo; les couleurs ne peuvent donc être tout à fait identiques au modèle, l’épaisseur de la peinture et les coups de pinceau non plus ! Mais le but du travail est davantage de comprendre les procédés employés par l’artiste pour parvenir au résultat. Travailler devant l’original n’est malheureusement pas toujours possible. 

Quels sont les bénéfices de la copie de tableau ? 

  • Développer son sens de l’observation. Copier c’est avant tout observer très attentivement son modèle sous tous ses aspects pour le reproduire au mieux: dessin, couleurs, contrastes, détails…  
  • Comprendre que la réalisation d’un chef-d’oeuvre nécessite du temps, et un soin apporté jusque dans les moindres détails. 
  • Découvrir comment un artiste a interprété tel ou tel aspect de son modèle ou s’est sorti d’une difficulté.  
  • Maîtriser les mélanges de couleurs, car la copie nécessite de trouver une couleur bien précise, déjà déterminée par le modèle. 
  • Apprendre à mener une réflexion sur la démarche à effectuer pour parvenir à tel ou tel effet, ce qui aboutit à une progression technique. Par la simple vision du tableau d’un grand artiste, on ne peut acquérir de nouvelles compétences et comprendre comment il est arrivé à ce rendu.
  • Faire évoluer son propre style en s’imprégnant et s’inspirant en pratique du travail des autres. Il s’agit d’intégrer plusieurs expériences différentes, et de laisser sa personnalité s’en servir comme tremplin pour enrichir sa propre touche. 
  • Faire l’expérience d’une pratique évoluée de la peinture, celle d’un artiste accompli, avant d’avoir sa propre approche, et sans la contrainte du contenu original.
  • Avoir chez soi pour presque rien l’oeuvre d’un artiste qui vaut des millions 😉  

Les écueils à éviter

  • Trop copier un artiste en particulier peut nous amener, de fait, à trop s’imprégner de son style de sorte à ce qu’on ne veuille plus en sortir. Si, par exemple,  nous aimons beaucoup peindre les paysages, et que nous copions un artiste dont nous trouvons l’interprétation des paysages splendide, le copier devient très intéressant pour découvrir les procédés et la méthode qu’il a employées pour arriver à ce résultat. Cependant, après coup, il faut savoir se détacher du style de cet artiste pour n’en faire plus qu’une source d’inspiration et non un objectif à atteindre. Pour éviter cet écueil, le meilleur moyen est de copier des artistes paysagistes différents, ainsi que d’autres artistes qui nous plaisent soit pour leur touche, soit pour leur palette etc., et de nous en servir pour développer une voie unique qui nous est propre.  
  • Ne pas se laisser gagner par le découragement : la copie de tableau est un exercice difficile au début, ne nous le cachons pas. Bien souvent, on ne sait trop par quoi commencer, ou bien on se laisse gagner par la lassitude d’un travail très long, ou le découragement parce qu’on n’obtient pas le résultat souhaité. 

Les maîtres mots de la copie de tableau :

  • Copier un artiste dont on apprécie vraiment le travail !
  • Organiser son travail par étapes précises : réaliser le fond, mettre en place les contrastes, les plages de couleurs et finir par les détails.
  • Aller de l’avant et continuer même si on n’est pas satisfait du résultat jusqu’à présent.
  • Progresser sur l’ensemble de sa toile de manière homogène, et ne pas se noyer dans des détails en délaissant tout le reste du tableau ! 
  • Garder en tête que notre copie a un objectif d’apprentissage, et ne pas y passer trop de temps pour chercher un résultat parfait. Des différences, il y en aura toujours ! 
  • Penser à la magnifique copie qu’on aura en sa possession à la fin. 😉

Un exemple pour finir

Et pour terminer, voici quelques photos des étapes de réalisation d’une de mes copies : “la Pie” de Claude Monet. Copier un impressionniste n’a pas été de tout repos, mais a été très instructif ;-). Comme vous le verrez sur la première photo, je suis partie de très loin en commençant par un fond terre de sienne naturelle et terre d’ombre brûlée, alors que l’objectif était de réaliser un paysage enneigé. Etait-ce une bonne idée de commencer par ce fond ? Pas sûr… 😉 je voulais donner un peu de profondeur à l’ensemble. Mais par la suite, j’ai eu du mal à retrouver de la luminosité. Si c’était à refaire, je m’y prendrais autrement 😉  Comme dis le proverbe :”C’est en forgeant qu’on devient forgeron!” Au final, cette copie a été très enrichissante même si elle était difficile ! 

Et voilà le résultat !

…Même si nous sommes d’accord que ça ne vaut pas l’original 😉 :

Cet article vous a t’il plu ? Etes-vous convaincu de commencer la copie d’un tableau que vous aimez dans les semaines qui viennent ? 

A très bientôt… dans les commentaires 😉

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Cet article a 5 commentaires

  1. Avatar

    Bravo pour cette copie réussie !! Et on comprend bien que tout le cheminement que cela implique est extrêmement enrichissant pour sa pratique !! Je n’ai pas encore sauté le pas, mais cela donne très envie de s’y mettre 🙂 !

    1. Camille le Roux

      Bonjour Oriane ! c’est tout à fait ça: la copie est un enrichissement pour le peintre ! A consommer avec une certaine modération cependant, pour en tirer tous les bénéfices 😉 Merci pour ce commentaire et bon courage pour la première copie!

  2. Avatar

    Bonjour Camillle, Tous les chemins mènent à Rome!
    Choisir de copier ou pas des tableaux est une question de choix personnel. À mon sens, ce type d’exercice est plus à propos lorsqu’il est question d’huile (nécessité d’apprendre à structurer son travail, notamment à cause du temps de séchage de la peinture) et de peinture figurative (composition préalable).
    À l’acrylique non figurative, copier des tableaux m’a semblé inadapté; d’autres types d’exercices me permettant de progresser. Bref, c’est essentiellement le médium choisi qui est déterminant quant aux exercices à envisager. Une sauvagerie d’autodidacte sans doute…
    Cela dit, votre article comme tous les autres d’ailleurs, est très instructif pour ceux qui désirent apprendre à peindre. Donc bravo encore pour votre clarté et la large gamme des points soulevés.

    1. Camille le Roux

      Bonjour Georges ! Un grand merci pour votre commentaire très intéressant qui apporte un éclairage nouveau. Personnellement je n’ai jamais copié d’oeuvre non figurative. Cela est certainement bien plus complexe à cause de l’absence de repères figuratifs. A mon avis cela peut être quand même très intéressant pour trouver le moyen de reproduire un effet particulier. Mais vous savez sûrement bien mieux que moi les moyens pour progresser autrement dans la peinture abstraite !
      L’acrylique en elle même ne me semble pas un obstacle à la copie. Ce medium peut se travailler aussi de façon très structurée, en couches successives, en glacis etc. Une peinture figurative à l’acrylique peut être un excellent modèle à copier. Mais, comme vous le dites, on n’est pas obligés de passer par la case “copie”. Cet article vise avant tout à faire redécouvrir les bénéfices d’un exercice par lequel sont passés nos prédécesseurs, qui a fait ses preuves, et que nous avons, à mon sens, un peu trop oublié. De plus, il s’agit d’un exercice très gratifiant. Pourquoi s’en passer ? 🙂
      Mais votre réflexion est, encore une fois, très intéressante !! A bientôt 😉

  3. Avatar

    Bonjour Camille
    Votre article est complet vous avez dit tout ce qu’il fallait.
    Pour moi la copie a été un apprentissage qui m’a permis de m’épanouir aujourdhui ds ma peinture
    Artistiquement

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