Comment choisir votre pinceau ?

Autrefois fabriqués par les peintres eux-mêmes en fonction de leurs besoins (Cennino Cennini, Léonard de Vinci…), les pinceaux connurent un développement de type industriel dès le XVIIème siècle.

A partir de ce moment-là, pour répondre aux besoins de chaque artiste, tous types de pinceaux virent le jour. Aujourd’hui, la multitude de choix dans les magasins de beaux-arts peut donner le tournis, même à un peintre expérimenté. Prétendre exposer ici toutes les sortes de pinceaux de façon exhaustive serait trop ambitieux et surtout impossible, car chaque type de pinceaux se décline en plusieurs tailles, variantes et compositions différentes, sans oublier ceux inventés pour un usage vraiment très spécifique.

Voici néanmoins, brossés à grands traits ^^, quelques principes pour s’y retrouver un peu. Accrochez-vous c’est parti 🙂

Il est d’abord nécessaire de comprendre les éléments constitutifs d’un pinceau :

La touffe, ou poils : d’origine, de forme et de taille différente en fonction du type de pinceau.

La virole : cylindre en métal, plastique ou fil, qui enserre les poils.

Le manche : Il est généralement en bois, de forme ronde ou plate. Il peut être court ou long.

Qu’attendez-vous concrètement d’un pinceau ?

Qu’il réponde à votre geste. Que la pointe soit le prolongement docile de vos doigts et de votre cerveau. Cela sous-entend que l’extrémité du pinceau doit avoir la réactivité qui correspond à votre geste : geste doux dit poil souple, geste fort dit pinceau à poil dur !

Qu’il absorbe suffisamment de peinture au sein de ses poils, pour ne pas avoir à le replonger toutes les 10 secondes dans votre mélange. C’est le phénomène de capillarité. Celui-ci est particulièrement indispensable pour les techniques fluides ou semi-pâteuses comme le lavis, l’aquarelle ou la gouache.

Et plus un pinceau est gros, plus il absorbe de matière, cela va de soi 🙂

A savoir : Il ne faut jamais retailler un pinceau avec des ciseaux. C’est la fleur du poil située à l’extrémité qui est responsable de la charge de la peinture. Sans elle, votre pinceau n’absorbera presque plus aucune matière !

Qu’il retienne la couleur dans son poil, dans ce qu’on appelle la réserve, pour ensuite la faire redescendre de manière progressive et homogène quand le pinceau touche le support. Plus la qualité du pinceau sera bonne, plus ces propriétés essentielles pour avoir un beau rendu seront présentes.

Qu’il résiste dans le temps, évidemment ! La qualité initiale du pinceau et son entretien n’y sont pas pour peu de choses (pas besoin de se ruiner non plus !).

Comment trouver un pinceau adapté à votre manière de peindre, à votre style ?

Un pinceau au poil souple ou rigide ?

Plus la peinture est appliquée en épaisseur, plus le poil du pinceau employé doit être ferme pour étaler la matière dense et compacte. Question de rapport de force. La trace du pinceau est alors plus visible dans la pâte.

En revanche, une peinture fluide réclamera une fibre souple qui la véhiculera en douceur sur le support. D’où cette distinction essentielle à faire entre une fibre souple et une fibre rigide.

En général on retrouve au sein d’une seule et même œuvre des zones travaillées en épaisseur (dans le langage consacré, on dit « en pleine pâte »), et d’autres travaillées avec une matière plus liquide. D’où l’importance d’avoir dans son panel certains pinceaux à poils rigides, d’autres à poils souples – Cette remarque ne prend pas en compte les techniques dites douces comme l’encre, l’aquarelle, la gouache, le lavis.

Grosso modo, les pinceaux fabriqués avec les soies de porc sont des pinceaux à poil dur, et les martres à poil souple. Tous les intermédiaires existent, donc vous n’avez que l’embarras du choix… ce qui permet aussi d’en trouver un à sa convenance.

Après c’est à vous de voir en fonction de la densité de la peinture que vous avez l’habitude d’appliquer sur vos tableaux, bien sûr ! Pâte épaisse ou peinture bien diluée.

Manche court ou manche long ?

Le manche est ce qui permet de tenir le pinceau : sa longueur détermine donc la maniabilité de celui-ci ! Plus le manche est court, plus les doigts se rapprochent de la pointe et permettent un travail précis, minutieux et détaillé.

Au contraire, un manche long favorise les mouvements amples, une touche marquée et une vue d’ensemble du travail. En général, en peinture de chevalet, il est conseillé de peindre plutôt à distance de sa toile (donc manche long) et de s’en approcher pour les finitions plus détaillées. Les techniques fluides réclament davantage un travail de près.

Quelle forme de pinceau choisir par rapport à votre style ?

On distingue plusieurs formes de pinceaux qui chacune se décline en plusieurs tailles, grosseur et longueur de poil. Bien évidemment la taille de la surface à recouvrir détermine la taille du pinceau ! Et ceux dont la touffe est la plus longue permettent une touche plus allongée. En revanche chaque forme de pinceau permet des effets bien différents. Voici les plus courantes :

 

  • Le pinceau rond :

    C’est l’image qu’on se fait du pinceau standard et pourtant ce n’est pas celui qu’on utilise forcément le plus souvent. Il est parfait pour les formes sinueuses, les petites touches, tracer des contours.

 

  • Il possède plusieurs variantes : plus court et plus fin, il permet d’effectuer des petites retouches très minutieuses et ponctuelles.

 

  • Plus long et filiforme il est idéal pour les grands traits réguliers et fins, droits ou sinueux. Mais il est également plus difficile à manier compte tenu de la longueur des poils, dont la souplesse extrême ne se maîtrise qu’avec habileté ! Ses effets sont très intéressants.

 

  • Le pinceau plat :

    Du gros spalter au petit pinceau plat, il est là pour recouvrir une surface de manière efficace et homogène. En même temps, en fonction de la force avec laquelle on l’utilise, sa forme anguleuse peut laisser facilement des traces dans la peinture.  Il est utilisé pour poser des aplats, des jus, des glacis. Utilisé sur la tranche, il effectue des touches et traits fins. Il s’utilise sur le plat, la tranche et les angles.

 

  • L’usé-bombé ou langue de chat :

    A usage multiple, c’est un de mes favoris ! Il est efficace pour appliquer la matière sur une surface, et en même temps la courbure de ses fibres marque peu la matière. Cette courbure favorise les fondus, les modelés, tout en maintenant une grande liberté de geste. On peut l’employer aussi bien sur la tranche que sur le plat. Sa grande maniabilité en fait un outil très agréable !

 

  • Le pinceau plat biseauté :

    Ses poils disposés en oblique lui donnent la capacité de faire des touches uniques en leur genre. Après l’esquisse, il sert généralement pour placer les masses colorées. Mais à vous de lui découvrir de nouvelles fonctions ! Il permet dans certains cas de faire des traits fins, courts ou longs.

 

  • Le pinceau éventail :

    Certains peintres l’affectionnent pour sa capacité à adoucir les traits trop marqués : dans ces conditions, il n’est pas chargé en peinture et ne fait que caresser la surface. Dans d’autres cas, sa touche “explosive” facilite des effets particuliers. A tester également !

 

Au final, après la lecture de cet article, j’espère que vous n’aurez qu’une envie : essayer toutes les formes possibles de pinceaux et choisir celle(s) qui vous convien(nen)t ! Vous rencontrerez des artistes affirmant qu’un tableau doit être réalisé en entier avec le même pinceau, d’autres qui estiment que chaque style d’outil tient son rôle dans la réalisation d’une œuvre.

Bref, vous l’avez compris… à vous de voir quel outil permet d’effectuer les effets qui vous plaisent.
Mais ce n’est pas tout ! Ne courez pas tout de suite dans le magasin de beaux-arts de votre quartier… Prochainement, un article sur un sujet essentiel à maîtriser si vous ne voulez pas racheter des nouveaux pinceaux tous les mois !

A très bientôt 😉

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