Comment choisir votre pinceau (suite)

Etant donné le prix des pinceaux, il est essentiel de reconnaître la nature de ses poils pour ne pas les abîmer avec une technique qui ne leur correspond pas (peintures à solvants ou autres). Certains pinceaux ne conviennent qu’à des peintures diluables à l’eau, d’autres qu’à un système à l’huile. D’autres encore ne résisteront pas à l’acrylique.

L’article qui va suivre complète le précédent sur le choix d’un pinceau en fonction de votre style. Si vous ne l’avez pas lu, n’hésitez pas à le faire avant de consulter celui-ci :).

Après avoir vu les différentes formes de pinceaux, penchons-nous sur le type de poils avec lesquels ils sont faits. Il en existe deux catégories principales : les naturels et les synthétiques.

Les poils naturels :

  • Les poils extra-fins :

Le Petit-gris :

C’est le poil pour pinceau le plus fin. Sous cette appellation, il existe plusieurs sortes de poils, tous prélevés sur la queue de l’écureuil, mais qui changent de couleurs, de noms et de qualité suivant l’espèce et le lieu plus ou moins froid où il vit : Kazan (brun), Saccamina (ou bleu), Canadien (ou doré) et Gris sont les plus connus.

Petit-Gris rond
Pinceau plat court en Petit-Gris

 

Caractéristiques : Sa capacité d’absorption des couleurs est impressionnante, ce qui lui permet d’être utilisé longtemps sans avoir besoin d’être rechargé. Sa touche est très douce.

Utilisation : Il est parfait pour des tracés très fins et des travaux délicats, en complément de la martre. Les techniques qui lui conviennent le mieux sont le lavis et l’aquarelle. Mais il n’est pas assez résistant aux solvants pour être employé à l’huile ou l’acrylique.

Les poils de martre :

Ils proviennent de la martre mais également d’autres animaux cousins tels que la fouine, le furet etc. Il en existe plusieurs sortes, le plus prisé étant le Kolinsky (martre de Sibérie). La martre rouge est également très appréciable.

Pinceau rond en poils de martre
Pinceau plat en martre Kolinsky

 

Caractéristiques : Ils se caractérisent par leur vigueur, leur nervosité, leur souplesse et leur résistance. La douceur de leur texture leur donne du ressort et les rend agréables à manier. La réponse sur le support est parfaite. Leur pointe se reforme très facilement après usage, ce qui est très pratique. Compte tenu de leur belle qualité ils sont tous onéreux. Mais bien entretenus ils peuvent durer plusieurs années voire toute une vie !

Utilisation : Ils sont très appréciés pour les techniques fluides comme l’aquarelle, car leur capacité de rétention d’un liquide est importante, et par leur finesse ils glissent sur le support. Ils font également des merveilles à la peinture à l’huile. A ne pas manquer !

  • Les poils fins :

Les poils naturels fins sont la plupart du temps extraits des oreilles de bœuf, de la mangouste, du putois, du poney, du kevrin, du blaireau. De résistance variable ils sont très agréables à utiliser. En règle général ils s’emploient traditionnellement à la peinture à l’huile et en fonction de leur qualité supportent plus ou moins l’acrylique. A tester en fonction de la façon de peindre de chacun, mais certains peuvent être très intéressants à manier !

Pinceau éventail en kevrin
Pinceau en poils de chèvre clairs

 

  • Les soies :

Les pinceaux à poil blanc sont généralement fabriqués avec des soies (le plus souvent de porc).

Caractéristiques : Les poils sont relativement rigides (s’oppose à souple), d’où le fait qu’on parle plus volontiers de brosse que de pinceau. Ils ne caressent pas la matière contrairement aux poils plus fins, mais l’appliquent et l’étalent avec force.

Les pinceaux en soie de porc sont en général peu chers même s’il existe trois qualités : Demi-Blanc, Beau-Blanc, Beau-Blanc Extra.

Pinceaux en soie de qualité Beau-Blanc

 

Utilisation : Travaille la peinture dans son épaisseur. La trace du pinceau est visible dans la matière après son passage. D’une façon traditionnelle, ils sont utilisés pour le travail des masses avant de passer à un pinceau plus souple pour les finitions. Ils s’emploient aussi bien à la peinture à l’huile qu’à la peinture à l’eau.

Les pinceaux en soie de porc font partie des incontournables dans un atelier. Du plus fin au plus gros, ils sont toujours utiles quelle que soit la technique employée, excepté les techniques trop fluides.

Les fibres synthétiques :

Chaque fabricant met au point ses propres fibres synthétiques, et chaque type de fibre synthétique est conçue pour une technique particulière.

Pinceau usé-bombé en fibres synthétiques

 

Caractéristiques : En règle générale les fibres synthétiques n’arrivent pas encore à la hauteur des poils naturels extra-fins en terme de douceur, souplesse et capillarité. Cependant elles sont résistantes, nerveuses (c’est à dire qu’elle reviennent facilement à leur forme initiale), et souples. De qualité là encore variable, leur prix est très abordable.

Utilisation : Il existe toutes sortes de fibres synthétiques donc on peut presque tout faire avec, de l’aquarelle à la peinture à l’huile en passant par l’acrylique, du trait le plus fin aux gros empâtements ! Le plus souvent on l’emploie pour l’acrylique car il résiste très bien à l’agressivité de son solvant contrairement à certaines fibres naturelles.

Attention de vérifier avant d’acheter un pinceau synthétique que la fibre ait été conçue pour la technique que vous voulez pratiquer. Les fibres pour l’acrylique et l’huile ne sont pas les mêmes !

Les mélanges :

Certains pinceaux sont fabriqués en partie avec des fibres naturelles et des fibres synthétiques, afin de cumuler les avantages des deux : par exemple, la souplesse de certains poils naturels avec la résistance des poils synthétiques.

Là vous allez me dire : « d’accord mais concrètement ça fait plein d’infos d’un seul coup : comment je démêle tout ça moi ? »

Pas de panique 🙂 voici un petit tableau récapitulatif de la compatibilité des différents poils avec une technique donnée :

 

Nature des fibres Aquarelle/gouache/lavis  Tempéra à l’oeuf, caséine Huile Acrylique
Soies de porc +++ +++ +++
Martre +++ +++ +++ X
Petit-gris +++ +++ X X
Boeuf +++ +++ ++ +
Synthétique +++ +++ +++ +++
Blaireau +++ ++ +
Mangouste +++ ++ +
Putois +++ ++ +

+ résistance très variable dépendant de la qualité des fibres    ++ bonne résistance, dépendant là aussi de la qualité    +++ grande résistance    X incompatibilité

 

Concernant ceux qui peignent à l’huile et à l’acrylique, il vaut mieux prévoir un set de pinceaux dédié à chaque technique même si vous utilisez le même type de fibres. Confrontés à des solvants différents, ils résistent moins dans le temps.

Bref…

S’il est vrai que certaines fibres sont plus ou moins résistantes à certaines techniques de peinture, il est également capital de choisir un pinceau qui vous plaît, que vous manipulez aisément, et dont les effets répondent à ce que vous souhaitez voir sur votre support. Voyez un guitariste : pour lui, une guitare n’en vaut pas une autre. Une fois qu’il a trouvé l’instrument avec lequel il se sent le plus à l’aise et dont le son le fait vibrer, il l’emporte partout avec lui pour ne jouer que sur celui là ( bon d’accord, ça ne vaut pas pour un pianiste qui ne peut pas voyager sans cesse avec SON piano ;).

Pour l’artiste peintre c’est la même chose: les pinceaux l’accompagnent toute sa vie. Ce sont ses amis de l’ombre, pas aussi prestigieux que le tableau en lui-même, mais sans qui rien n’est possible. Alors dès que vous avez trouvé votre pinceau fétiche, ne vous en détachez plus, et surtout… prenez-en soin !

Bonne chasse au trésor 🙂

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