Commencez sereinement la peinture à l’huile !

Les vacances d’été, le soleil, la vie en extérieur, le fameux farniente… que de belles perspectives pour ce mois d’août ! 🙂 

N’est-ce pas justement le temps idéal pour la pratique artistique… et surtout, pour commencer la peinture à l’huile ? Cette fameuse technique de peinture qui vous attire tant mais dans laquelle vous avez peur de vous lancer étant donné son apparente complexité, et son temps de séchage relativement long.

Oui, j’ai bien dit “apparente complexité”, car en réalité, la peinture à l’huile est juste moins simple que l’acrylique.^^ Quelques bons gestes à adopter, une logique d’exécution qui ne casse pas non plus trois pattes à un canard, et la pratique de cette technique ne vous procurera que du plaisir !

Alors, si vous êtes prêts à en savoir plus, allons-y pas à pas 😉

La peinture à l’huile, petit rappel :

La peinture à l’huile est composée de pigments, une poudre colorée qui donne la couleur à la peinture, ainsi que d’huile de lin, d’oeillette ou de carthame. Les pigments ont été finement broyés et incorporés à l’huile pour donner la texture pâteuse et souple que l’on voit en pressant le tube, et si agréable à travailler.

La principale caractéristique de la peinture à l’huile est son séchage très lent, pouvant varier de quelques jours à plusieurs semaines… sans parler du séchage en profondeur qui peut prendre jusqu’à plusieurs dizaines d’années en fonction de la grosseur des empâtements ! En effet, l’huile présente dans la peinture, n’a pas la propriété de s’évaporer au contact de l’air, mais celle de durcir. Ce durcissement, appelé siccativation, est un phénomène chimique très très long. En pratique, ceci permet de travailler sur son tableau pendant longtemps, et de réaliser entre autres de magnifiques fondus et dégradés !  

De plus, l’huile, de par sa nature graisseuse, donne aux couleurs une note profonde, intense, et unique.  

Pour en savoir plus sur toutes les caractéristiques de la peinture à l’huile, n’hésitez pas à consulter cet article sur les différences fondamentales entre la peinture acrylique et la peinture à l’huile !  Sachez également qu’il existe depuis quelques années de la peinture à l’huile soluble à l’eau. Un article complet a été consacré à ce sujet. Celle-ci permet d’éviter d’employer des diluants toxiques comme l’essence de térébenthine ou le white-spirit, et de les remplacer par de l’eau. Si vous choisissez cette option, la suite de cet article vous concerne tout autant car la mise en oeuvre est la même 😉

Le matériel pour débuter

Maintenant que vous êtes motivé à débuter l’huile, rendez-vous dans les magasins de beaux-arts, afin de vous procurer ces 6 éléments : la peinture, les pinceaux, le support, le medium et le diluant (ou solvant), et une palette.

  1. La peinture : pour débuter, choisissez de la peinture à l’huile de qualité fine, réservez l’extra-fine pour quand vous vous serez fait la main (la différence de prix vous en convaincra également ;-).  En terme de couleurs, visez la simplicité : les trois couleurs primaires, du blanc, et de la terre d’ombre brûlée ( cet article vous en dira plus sur les raisons de ce conseil peut être un peu lapidaire !). 
  2. Les pinceaux : des pinceaux synthétiques “toutes techniques” ou spécifiés pour l’huile. Au moins un pinceau plat, un petit et un gros pinceau rond, un pinceau langue de chat. Pour en savoir plus sur le choix des pinceaux rendez-vous ici et !  
  3. Le support : une toile tendue sur châssis, un carton entoilé, ou du papier spécial pour huile ou acrylique. Selon vos souhaits !
  4. Le medium : un flacon de 75ml de medium à peindre pour huile. Si vous avez choisi de la peinture à l’huile soluble à l’eau, le medium doit être également pour huile soluble à l’eau !
  5. Le diluant : de l’essence de térébenthine ou du White-spirit. De l’eau pour l’huile soluble à l’eau ! 
  6. La palette : une palette en bois vernis, comme à l’ancienne. Il faudra cependant la nettoyer après chaque séance. Ou bien optez pour des palettes jetables ou des assiettes en plastique. Pour ces dernières, vérifiez au préalable qu’elles ne se dissolvent pas au contact du solvant ou du medium (sauf dans le cas ou vous avez opté pour la peinture à l’huile soluble à l’eau hihi 😉 ) !

La mise en oeuvre

Installez-vous…

  • Choisissez un modèle: pour commencer, optez pour la photo d’une chose simple à réaliser pour vous. Maîtriser la technique est la priorité; vous passerez ensuite aux sujets plus élaborés 😉 
  • Installez votre support à plat sur une table, ou debout sur un chevalet.
  • Aérez votre zone de travail en ouvrant la fenêtre, ou mieux, travaillez en plein air (mais pas en plein soleil!)
  • Disposez à droite ou à gauche (en fonction de si vous êtes droitier ou gaucher): chiffons, pot d’eau, pinceaux rincés à l’eau tiède s’ils sont neufs (les poils sont alors légèrement collés). 
  • Versez un fond d’essence de térébenthine ou de white-spirit dans un petit godet en verre ou en aluminium. 
  • Dans un deuxième petit godet versez un fond de medium à peindre. 
  • Posez vos couleurs sur votre palette : une petite noisette par couleur, pour commencer. Mieux vaut en rajouter pendant la séance, plutôt qu’en jeter à la fin! Et pas d’inquiétude, contrairement à l’acrylique, vos couleurs à l’huile ne sécheront pas tout de suite! 

…puis lancez-vous !

Tracez votre croquis au crayon sec. 

Le rôle du medium et du diluant.

La peinture telle qu’elle sort du tube est souvent épaisse et manque d’onctuosité, ce qui la rend difficile à étaler. Le rôle du medium et du solvant est alors de fluidifier la pâte. 

Cependant, le medium contient de l’huile et de la résine qui enrichissent les couleurs et leur apporte une protection supplémentaire au séchage. Plus on en ajoute, plus la peinture est grasse, transparente, consistante et brillante.  En outre, certains mediums possèdent un peu de siccatif (=accélérateur de séchage).

Le diluant, quant à lui, a pour vocation de s’évaporer dans sa quasi-totalité au séchage. Il permet juste de liquéfier la peinture pour mieux l’étaler. Mais plus on en met, plus celle-ci “s’appauvrit” et devient mate. Le diluant n’apporte aucune valeur ajoutée à la peinture après séchage. 

Au début, il vaut mieux se contenter de n’utiliser le diluant que pour le nettoyage des outils. Son utilisation dans la peinture en alternance avec le medium ne se justifie qu’avec une certaine expérience ou un travail en couches successives.

Deux façons de procéder en peinture à l’huile : 

Pour que ce petit exposé soit complet, voici les deux méthodes en peinture à l’huile. Pour débuter, suivez la première qui est la plus simple, mais non moins utilisée par de très grands artistes !

  • Première méthode : peindre alla prima, c’est à dire dans le frais, sans que la peinture ne sèche entre les différentes étapes. C’est la méthode la plus simple et la plus rapide. Elle permet de réaliser un tableau en une seule séance, ou en une seule journée. Le mélange des couleurs encore fraîches sur la toile rend le travail très agréable, cependant ne vous faites pas avoir: réservez vos zones lumineuses dès le départ sinon vous aurez du mal à obtenir une lumière franche si vous passez une couche plus sombre en dessous, car les couches se mélangent entre elles !
  • Deuxième méthode: peindre couche après couche en laissant la peinture durcir entre chaque couche… il s’agit alors d’un travail de longue haleine. Dans ce cas seulement, il faut veiller à peindre gras sur maigre : les couches du dessous sont réalisées avec de la peinture diluée majoritairement au solvant par rapport au medium; celles du dessus contiennent plus de medium que de solvant. Mais ce serait là le sujet d’un autre article !   

Après la séance

  • Stockez votre tableau encore frais à l’abri de la poussière !!! La surface de la toile va mettre plusieurs jours à durcir, et d’ici là, bon nombre de saletés en tout genre (voire des moucherons… expérience à l’appui!) peuvent venir s’y incruster. 
  • Nettoyez vos pinceaux : essuyez-les dans un chiffon, puis rincez-les dans le solvant pour les décharger de la peinture. Pour finir, lavez-les à l’eau tiède et au savon (savon noir de préférence). 
  • Nettoyez votre palette avec du solvant, ou jetez-la. 
  • Stocker le solvant et le medium souillés dans un contenant hermétique qu’il faudra, une fois rempli, jeter comme un produit dangereux. 
  • Et pour le vernis ? Attendez quelques semaines que la surface de votre peinture ait bien durci. Vous pourrez alors vernir temporairement au vernis à retoucher. Et dans six mois environs, n’oubliez pas de passer une couche de vernis définitif par-dessus ! 
  • Soyez fier de vous et de votre travail ! Vous avez réalisé votre première peinture à l’huile 😉 

 Ces conseils vous ont-ils aidés ? Dites-le moi en commentaire ! 

A très bientôt 🙂

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