Combien de couleurs avoir sur votre palette ?

N’aimez-vous pas flâner dans les rayons de votre magasin de beaux-arts, au milieu des tubes de couleurs aux mille nuances ? N’êtes-vous pas tenté, comme moi, d’acheter toutes les couleurs possibles et imaginables pour être sûr de ne manquer de rien ? Pour ma part, heureusement que mon budget était limité dans mes débuts en peinture sinon j’aurais dévalisé tous les rayons…

Et ça aurait été une grave erreur…

Il y a quelques temps, je feuilletais un magazine de conseils techniques pour artistes dans lequel on pouvait trouver des témoignages et astuces donnés par des peintres avertis. Ce qui était curieux, c’était qu’à deux pages d’intervalle, on pouvait lire des conseils émanant de personnes différentes et qui paraissaient se contredire.

Voilà les deux affirmations apparemment contradictoires qui m’ont donné l’idée d’écrire cet article :

  • La première exposait qu‘il ne fallait pas se restreindre à un nombre de couleurs sur sa palette, pour pouvoir rendre la subtilité de certaines teintes présentes dans la nature. La condition est de les entremêler suffisamment pour donner une tonalité générale.
  • La deuxième expliquait qu’il fallait justement se limiter dans le choix des couleurs pour ne pas casser l’harmonie de l’ensemble.

Alors, qu’en penser ?

Existe-t-il une règle ?

Une règle absolue sur le nombre de couleurs à mettre sur sa palette ? Non point. C’est comme en cuisine : certains font de la mayonnaise avec un jaune d’œuf et de l’huile d’olive uniquement, d’autres y ajoutent du vinaigre, de la moutarde, du poivre, du citron ou que sais-je… 🙂 Et l’une et l’autre sont bonnes !

Ce qui change c’est essentiellement la complexité du travail, et la prise de risque… pour un même résultat ! 

Peindre à partir d’un grand nombre de couleurs nous oblige à les connaître toutes parfaitement, afin de les utiliser à bon escient pour réussir nos mélanges. Ce qui paraît compliqué si on a 15 couleurs devant soi.

Disposer seulement de six ou sept couleurs  et se débrouiller avec pour en extraire les autres teintes est bien plus simple et formateur. Cela nous oblige à en apprendre davantage sur le mélange des couleurs. Démarche bien plus artistique, vous ne trouvez pas ? 🙂

Une question d’harmonie

Quand on observe de près les tableaux des grands maîtres de la peinture, on remarque que, malgré l’apparente diversité des couleurs présentes, elles contiennent toutes des nuances les unes des autres, ce qui permet une harmonie d’ensemble. Dans cette peinture d’Eugène Delacroix, remarquez comme les nuances de la mer rappellent celles des rochers. La couleur du ciel tranche avec le reste, mais celle des nuages fait un peu écho à celle de l’eau. 

Naufrage sur la côte, Eugène Delacroix

Cette harmonie, c’est évidemment ce que nous recherchons tous dans nos tableaux. Plus on travaille avec un nombre important de couleurs, plus le fait de les « entremêler » les unes les autres est compliqué.

Au contraire, utiliser une palette réduite permet d’obtenir un maximum d’effets avec un minimum de couleurs, et de tirer de chacune de ces couleurs tout son potentiel, sans risquer de briser l’harmonie d’ensemble !

Alors, quelles couleurs choisir sur sa palette ?

Mon intention n’est pas ici de vous dire « ..il faut obligatoirement sur sa palette du rouge de cadmium moyen, sinon bouhou tout le monde vous montrera du doigt… ! »

Ce qui est certain, c’est qu’il vous faut au moins un jaune, un rouge et un bleu, selon le principe du mélange des trois couleurs primaires. Toutes les autres teintes en découleront. Il faut également un blanc, pour faire les couleurs claires (excepté pour l’aquarelle, ou le travail en transparence permet de se servir du blanc du papier).

En plus de ces trois couleurs de base et du blanc, on peut compléter sa palette en fonction :

  • Du sujet de notre peinture. Imaginons qu’on veuille représenter un paysage marin, on va alors renforcer sa palette avec plusieurs teintes de bleu pour obtenir des mélanges plus subtils : cyan, outremer, phtalo ou autre. 

  • De notre personnalité : bien souvent, certaines couleurs nous parlent plus que d’autres, et on aime les retrouver sur sa toile. C’est ce qu’on appelle une palette personnalisée. 🙂

  • Si on veut se faciliter la tâche pour une teinte spécifique, comme un brun ou une terre.

A titre d’exemple, et d’exemple seulement, voici la palette que j’aime habituellement utiliser en peinture acrylique :

  • Blanc de Titane
  • Jaune de cadmium clair
  • Ocre jaune
  • Rouge de cadmium moyen
  • Bleu outremer
  • Bleu cyan
  • Terre d’ombre brûlée.

Sept couleurs au total ! A partir de celles-ci je décline toutes les autres dont j’ai besoin.

A noter : le choix des couleurs n’est pas forcément le même en fonction de la technique utilisée, et du fabricant 😉 

Vous l’aurez compris : pas besoin d’aller se ruiner dans les rayons de tubes de votre magasin de beaux-arts. Privilégiez peu de couleurs, que vous connaissez bien et dont vous maîtrisez les mélanges. Progressivement, découvrez-en d’autres et personnalisez votre palette en fonction de vos préférences.

Laissons les palettes complexes à ceux qui ont 30 ans d’expérience derrière eux. Et encore… vous verrez qu’à ce stade, vous serez toujours du même avis 😉

Dites-moi ce que vous en pensez !

A bientôt !

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