Choisir entre peinture à l’huile et peinture acrylique

Bienvenue à nouveau sur Apprendre à peindre ! Comme ce n'est pas la première fois que vous venez ici, vous voudrez sans doute lire mon guide qui vous explique comment réussir la perspective dans vos tableaux et augmenter ainsi la qualité de vos réalisations : cliquez ici pour télécharger le livre gratuitement ! 🙂

Quand on débute en peinture, cette question nous vient forcément à l’esprit : que choisir entre la peinture acrylique et la peinture à l’huile ? Certains artistes ne jurent que par la première, d’autres que par la seconde. Pourtant, nous allons voir que ces deux techniques valent la peine d’être découvertes aussi bien l’une que l’autre : chacune répond à des besoins différents dépendant de notre manière de peindre et de notre sensibilité. 

Dans cet article, je me propose de vous exposer les principales caractéristiques de ces deux techniques picturales, ainsi que leurs différences, ce qui peut vous aider à faire votre choix en toute connaissance de cause 😉

La peinture acrylique :

Mise au point dans les années 1950, elle répondit à un besoin de simplicité de mise en oeuvre par rapport à la peinture à l’huile. De nos jours, elle ne cesse d’évoluer et se décline sous plusieurs variantes. Mais les caractéristiques restent globalement les mêmes.

Praticité

  • Elle est moins onéreuse que l’huile.
  • La peinture se dilue simplement avec de l’eau si on la souhaite plus fluide. Elle n’est donc pas toxique du fait de l’utilisation de l’eau comme solvant !
  • Le nettoyage des pinceaux est très facile. L’eau et le savon suffisent amplement, et en deux minutes c’est réglé ! En revanche, si on ne lave pas son pinceau tout de suite, difficile de le récupérer 🙁
  • Elle ne dégage pas d’odeur, ou très peu. Aérer son atelier n’est pas aussi primordial qu’avec la peinture à l’huile !

De multiples possibilités :

  • Elle peut être appliquée sur toutes sortes de supports : bois, agglomérés, cartons, tissus, toiles, papiers, métaux, etc.
  • Etant chimiquement très stable, on peut lui ajouter des éléments inertes comme du papier, du sable, etc. afin de créer des matières uniques. Créativité assurée 🙂
  • Elle permet des effets très diversifiés pouvant rappeler l’aquarelle, mais également de gros empâtements et des reliefs très structurés.
  • Elle est plus souple, plus homogène et un peu moins pâteuse que la peinture à l’huile.

Le séchage

  • Sa caractéristique principale, qui peut être un avantage autant qu’un inconvénient : elle sèche très vite ! Ce qui peut s’avérer très pratique si l’on peint vite, mais très handicapant dans le cas contraire. Il faut compter une petite dizaine de minutes pour qu’elle soit bien sèche sur la toile (et moins en été !). Attention alors à ne pas laisser sécher les mélanges sur sa palette.

A noter : Il existe des gammes de peintures spéciales ainsi que des gels qui retardent le séchage et permettent de passer plus de temps à travailler une zone en particulier ! 

  • Autre conséquence du séchage rapide : les beaux fondus sont difficiles à réaliser. Agir vite est le mot d’ordre dans ce cas là : quelques minutes seulement pour réaliser un beau ciel dégradé peut être compliqué !
  • En séchant, la couleur fonce un peu, comme pour toutes les techniques à l’eau. On doit souvent s’y prendre à plusieurs fois pour obtenir la lumière voulue, ou alors…anticiper l’assombrissement de la teinte 🙂
  • Une fois sèche, elle est imperméable et indissoluble, et les couches inférieures ne peuvent se redissoudre sous l’action de la peinture fraîche. En cas d’erreurs, il n’y a qu’à repasser par-dessus : on peut superposer les couches autant de fois qu’on le souhaite.

Rendu

  • Il existe un grand choix de couleurs. 
  • Les couleurs sont intenses et franches, presque flashy pour certaines ! Elles permettent des effets plus contemporains de ce point de vue-là.
  • L’aspect sec de la peinture est satiné.
  • Cependant, le rendu peut manquer de finesse et de naturel, à cause de son aspect évoquant un peu le plastique.

Conservation

  • Les peintures acryliques sont moins sensibles à l’environnement, à l’humidité et à la lumière, et semblent plus stables dans le temps que la peinture à l’huile en ne jaunissant pas (enfin… d’après les tests en laboratoire 🙂 )
  • La couche de peinture est moins sujette aux craquèlements que l’huile, car la matière sèche est souple (comme une espèce de plastique).
  • Comme la peinture sèche vite et devient résistante rapidement, une toile à l’acrylique se stocke facilement.

Conclusion :

Cette technique s’adresse donc aux artistes qui aiment travailler rapidement, qui aiment la spontanéité et les couleurs très vives. Les touches de peinture ont tendance à être plus visibles et plus marquées, c’est un style qui correspond à certains, moins à d’autres. 

Moins chère que l’huile, s’adaptant à tous supports, facile à manipuler et sans odeur, elle est parfaite aussi pour les débutants 😉 Le séchage rapide, qui constitue parfois un inconvénient, permet d’apprendre le geste juste et précis.

Les gammes de peinture acrylique à séchage lent sont en constante évolution et rendent cette technique de plus en plus polyvalente. 

La peinture à l’huile

Joseph William Turner, Tempête de neige en mer

Visitez le musée du Louvre et vous constaterez que 90% des tableaux sont réalisés à la peinture à l’huile. Reine dans l’histoire de l’art, au rendu unique, cette technique est cependant souvent redoutée car considérée comme complexe. En réalité, aujourd’hui elle ne l’est plus vraiment. Les fabricants nous facilitent grandement la tâche !

Ce qui pose le plus problème : la toxicité de cette technique.

La peinture en elle-même n’est pas toxique. Ce sont les solvants et les mediums que l’on y ajoute pour la rendre plus fluide, transparente et la faire sécher rapidement qui sont toxiques. Je parle surtout de l’essence de térébenthine ou du white-spirit.

En soi, on peut employer la peinture telle quelle, sortant du tube, mais elle sera plus compliquée à étaler et encore plus lente à sécher. L’ajout d’un medium (vendu heureusement tout préparé et de bonne qualité) est souvent nécessaire : composé de solvant, d’huile, de résine et de siccatif (accélérateur de séchage), il nécessite l’aération de l’atelier à cause de sa toxicité et de son odeur désagréable.

Pour information : les solvants ou produits dits “sans odeur” (comme certains white-spirits) ne perdent en rien de leur toxicité si le produit est composé de matière toxiques à l’origine.   

Caractéristiques

  • La peinture est onctueuse, facile à travailler. Les couleurs fusionnent facilement, sont profondes, translucides et permettent des empâtements subtils.
  • Le support doit être impérativement préparé avec une enduction. Si on applique la peinture à l’huile directement sur la toile, celle-ci va s’oxyder et s’abîmer.
  • Sa grande caractéristique est qu’elle durcit très lentement ! En fonction de la quantité de medium ajouté (contenant en partie un accélérateur de séchage) et de l’épaisseur de la couche, le temps de séchage peut aller de quelques heures à plusieurs semaines, voire plusieurs mois ou années en cas de gros empâtements !

Contrairement à l’acrylique, il y a plusieurs façons de procéder : soit on peint toute la toile en une seule fois dans la peinture fraîche, ce qui est génial pour fusionner toutes les couleurs entre elles, réaliser des beaux fondus, et créer ainsi des effets uniques et très travaillés. Soit on superpose les couches une fois que celle du dessous a durci (bon..il faut attendre plusieurs heures ou jours entre chaque séance).

  • La peinture à l’huile se conserve très bien dans le temps, malgré un léger jaunissement ! Cependant, attention à l’humidité ambiante et à une lumière trop intense. Elle est plus fragile que l’acrylique car moins souple, et ne doit donc pas être roulée ou laissée sur une toile non tendue. Des craquelures naturelles apparaissent après quelques décennies, mais elles font partie intégrante d’un tableau à l’huile 🙂

Les contraintes :

  • Aérer l’atelier
  • Un peu onéreuse
  • Peindre gras sur maigre : les couches du dessus doivent contenir plus de medium que les couches du dessous. Vous avez les explications à ce sujet dans cet autre article, à la règle numéro 3 🙂
  • Avant de vernir une peinture à l’huile, il faut attendre au moins six mois, sauf si on applique du vernis à retoucher.
  • Le nettoyage des pinceaux est un peu fastidieux, car la peinture n’est pas soluble à l’eau. Mais on se débrouille toujours avec de l’eau tiède, du savon et un peu d’huile de coude 🙂

Conclusion

La peinture à l’huile est une expérience à tenter absolument ! La matière est malléable à souhait, onctueuse, et si agréable à travailler.

Il y a des contraintes dans la mise en oeuvre, c’est indéniable, surtout si on la compare à l’acrylique. Une fois qu’on les a dépassées, peindre est un réel plaisir, exempté des frustrations qu’on peut rencontrer avec le séchage rapide de l’acrylique.

Vous souhaitez commencer l’huile même en tant que peintre débutant ? Excellent choix, vous ne serez pas déçu 😉 

Si on récapitulait ?

En conclusion, chaque technique présente de gros avantages comme de gros inconvénients. Heureusement, pour chaque technique, les avantages ne feront que croître avec la pratique, et les inconvénients diminuer avec l’habitude de leur faire face 😉

D’un côté vous avez l’acrylique, qui présente une gamme de couleurs étendue, de multiples possibilités créatives, qui est facile à mettre en oeuvre (emploi de l’eau comme solvant) mais qui sèche très rapidement, ce qui la rend difficile à maîtriser parfaitement. Même si, encore une fois, ce dernier aspect est en train de changer. De plus le rendu final peut plaire à certains comme déplaire à d’autres. 

De l’autre côté vous avez l’huile, qui permet des effets magnifiques et travaillés, des fondus, une profondeur de colori unique garantie par la présence de l’huile, un rendu subtil, mais qui est un peu toxique et possède quelques contraintes dans sa mise en œuvre (notamment le gras sur maigre, l’utilisation d’un médium etc).

L’idéal : la technique mixte ?

Nous aurons l’occasion d’en reparler, mais sachez déjà que la technique mixte allie les avantages des deux techniques, tout en diminuant les inconvénients. 

De quoi s’agit-il, en bref ? Réaliser les couches de fond à l’acrylique afin de bénéficier du séchage rapide, et les couches supérieures à l’huile pour réaliser des effets travaillés et profiter de la subtilité des couleurs. 

Au final, est-il besoin de choisir entre les deux techniques ?  Ne se complètent-elles pas ? 😉

Laissez-moi votre avis !!! 🙂

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