Avoir du bon matériel fait-il de vous un meilleur artiste ?

Bienvenue à nouveau sur Apprendre à peindre ! Comme ce n'est pas la première fois que vous venez ici, vous voudrez sans doute lire mon guide qui vous explique comment réussir la perspective dans vos tableaux et augmenter ainsi la qualité de vos réalisations : cliquez ici pour télécharger le livre gratuitement ! 🙂

La question du matériel peut paraître secondaire à certains, et essentielle à d’autres.

En effet, ce n’est pas le matériau qui fait l’oeuvre d’art, mais bien l’idée exprimée avec talent sur le support. Les œuvres d’art éphémères en sont le meilleur exemple, comme celles réalisées sur le sol à la craie, et que la première pluie va dissoudre. Dans ces conditions, peu importe la qualité de la craie bien entendu 😉

La première question qu’on peut se poser au sujet du matériel, et que nous allons développer ci-dessous est : avoir du matériel de bonne qualité influe-t-il réellement sur le résultat final d’une œuvre ?

La seconde question qui va retenir notre attention est : dans quelle mesure un bon matériel nous aide dans votre démarche artistique ?

La troisième question est : mais au fait, qu’appelle t-on du bon matériel ? A partir de quelle gamme de qualité ?

Et enfin un dernier point : si je suis débutant, que dois-je viser comme matériel ?

 

Avoir du matériel de bonne qualité influe-t-il sur le résultat final d’une œuvre ?

Quand on observe de près une œuvre d’art tout juste achevée, il est difficile de dire avec quels outils et quelle qualité de peinture elle a été réalisée. A moins que l’artiste ait, par exemple, appliqué telles quelles des couleurs très intenses et lumineuses, dont la pureté n’est possible qu’à partir de peintures haut de gamme.

Concernant la toile, si vraiment sa qualité est mauvaise, le châssis paraît trop léger et fragile, et des petits défauts de tissage sont visibles çà et là (on appelle ça des bourres de toile) 😉

Concrètement, la différence visuelle entre deux qualités de matériel se ressentira surtout dans le temps, par la durabilité et le bon vieillissement ou non des matériaux. Une peinture bas de gamme aura davantage tendance à se ternir, à jaunir, à perdre l’éclat de ses couleurs, à craqueler. Une toile trop bon marché se détendra et percera facilement, et son châssis vrillera (les montants ne seront plus dans le même axe). A l’inverse, la stabilité dans le temps sera l’apanage des produits de qualité.

 

Dans quelle mesure un bon matériel nous aide-t-il en tant qu’artistes ? 

Au-delà des avantages indéniables de pérennité qu’offre un bon matériel, la différence entre les différentes qualités se verra surtout dans la pratique.

Les pinceaux :

Avez-vous déjà testé un pinceau de la meilleure marque et qualité qui soit ? Un pur bonheur. Avez-vous testé le plus mauvais pinceau de la terre ? Un pur malheur 😉 . Pourquoi cela ? L’objectif du pinceau est d’obéir à notre main, qui est elle-même guidée par notre idée. Si le pinceau n’obéit pas et n’est pas le prolongement de nos doigts, comment peut-il nous être une aide ? A moins que vous ne fassiez de l’art aléatoire… mais c’est un autre sujet.

Vous voulez poser un trait extrêmement fin et précis ? Rien de pire qu’un pinceau dont la mauvaise pointe emmène votre trait… dans le fossé. C’est très agaçant.

Au contraire, un pinceau dont les poils sont souples et nerveux donne à votre main une agilité insoupçonnée et rend le travail très agréable.

Pour ma part (et cela n’engage que moi), je préfère investir en premier dans de bons pinceaux. Pas besoin d’en acheter dix, juste deux ou trois de bonne qualité peuvent suffire. A condition de bien les entretenir et d’en prendre soin, bien entendu 😉 Si vous voulez en savoir plus sur les pinceaux, j’ai écrit un article à ce sujet : comment choisir votre pinceau.

La peinture :

En pratique, la différence entre deux qualités de peinture opposées se joue sur le pouvoir couvrant et colorant, et l’intensité des couleurs. Concrètement, pour une même quantité de peinture déposée sur la palette, une peinture extra-fine recouvrira plus de surface (tout en conservant son opacité ou son pouvoir colorant, même mélangée à un medium), qu’une peinture de gamme très inférieure de type étude. Cette dernière nécessitera le passage de plusieurs couches pour le même résultat. Et souvent sans parvenir à la même pureté de couleur. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’une peinture extra-fine est très riche en pigments, et que ceux-ci sont broyés très finement pour en dégager tout le potentiel colorant. Dans une peinture étude, des charges et additifs sont ajoutées aux pigments pour augmenter son volume au détriment de la puissance de la couleur. Ce qui donnera une peinture transparente et sans consistance. Inutile, je pense, de comparer le gain de temps, de matière et d’énergie que procure une peinture de bonne qualité.

La toile :

En pratique, une toile de meilleure facture résistera davantage à la pression du pinceau, et de ce fait, se détendra moins vite.

 

Et l’artiste, dans tout ça ?

On voit souvent des artistes réaliser des choses magnifiques avec peu de moyens. Alors on se dit intérieurement qu’investir dans du bon matériel n’est pas forcément nécessaire et que les outils bon marché feront très bien l’affaire pour nous aussi.

Mais, ce qu’on ne voit pas, c’est que ces artistes-là ont dépensé beaucoup d’énergie, à défaut d’avoir dépensé de l’argent, pour pallier les défauts de leurs matériaux.

Pire, leur ouvrage aurait peut être pu avoir un meilleur rendu s’ils avaient investi dans de meilleurs produits.

Encore pire, ils sont peut-être découragés par les difficultés rencontrées : par exemple  par le fait d’avoir dû passer un grand nombre de couches de peinture étude, alors qu’une seule de peinture extra-fine aurait suffi.

Le matériau au service de l’art et non l’inverse !

Il est dans l’ordre des choses que le matériau soit au service de l’art, plutôt que l’art soumis aux aléas et aux caprices de la matière. L’idée qui se cache derrière un tableau sera d’autant plus puissante que les matériaux seront dociles, car l’artiste se sera davantage concentré sur la première. Bien sûr, cela fait partie de l’apprentissage artistique de maîtriser la peinture ou le pinceau avec lesquels on travaille. Mais pourquoi se mettre des bâtons dans les roues en se rajoutant encore des difficultés qui peuvent bien souvent être décourageantes ?

Combien ont arrêté la pratique de l’art suite à l’achat d’une mauvaise peinture ou de mauvais pinceaux, en se disant : « …pfff c’est pas fait pour moi… trop compliqué à maîtriser ». Combien ont redécouvert le plaisir de peindre en utilisant d’excellents outils ?

Je me rappellerai toujours d’un professeur qui m’avait dit en voyant mes tout premiers pinceaux, qu’ils étaient « pourris ». J’avais l’habitude de travailler avec alors je me rendais pas vraiment compte de ce qu’il disait. Le jour où j’ai acheté de bons pinceaux, j’ai compris que la plupart des difficultés que j’avais rencontrées auparavant pour maîtriser mes outils… étaient dues à la mauvaise qualité de ces derniers. Ma progression aurait été bien plus rapide autrement.

Mais au fait, qu’appelle t-on du bon matériel ? A partir de quelle gamme de qualité, de prix ?

Quelle que soit la catégorie de matériau que vous souhaitez vous procurer : pinceaux, peinture, ou support, voici un conseil : ne visez jamais le premier prix, vous serez déçus quoi qu’il arrive. Ne visez pas non plus le top du top, vous le regretterez en passant à la caisse, à moins que vous ne connaissiez tout l’intérêt de ce que vous achetez, bien sûr.

On trouve de bons pinceaux, souples, nerveux et solides pour pas très cher. La virole (partie métallique enserrant les poils) doit être bien fixée et en métal. La pointe bien formée.

– Concernant la peinture, se procurer de l’extra-fine est l’idéal mais représente un certain investissement financier. Cependant, certaines marques sont moins chères que d’autres. Elles ne se valent pas toutes, mais il s’agit d’avoir le meilleur rapport qualité/prix possible. Pour réaliser des sous-couches, des surfaces importantes ou un travail en transparence, la peinture fine est très souvent amplement satisfaisante.

Les gammes de peinture sont compatibles entre elles. Vous pouvez acheter un à un des tubes d’extra-fine et faire progressivement la transition, afin de ménager votre portefeuille.

– Pour les toiles, là aussi il existe tous les prix et qualités. Les toiles en coton sont en général moins solides que les toiles en lin. Vérifiez que la toile est bien tendue, sans défaut de tissage ni déformation, et que le châssis est bien taillé et bien fixé. Un gage d’un minimum de qualité : une toile accrochée par des semences et non simplement des agrafes. 

Vous êtes débutant ? Quel matériel choisir ?

Souvent, en tant que débutant, on souhaite se donner toutes les chances de réussir en achetant du très bon matériel. Après avoir autant investi, on désire à tout prix réussir son tableau. Sinon, c’est la frustration : beaucoup de dépenses pour rien…

Cependant, les débuts artistiques sont souvent synonyme de gaspillage de peinture. Attention, ce n’est pas quelque chose de négatif en soi, et qui doit vous décourager si vous en êtes encore à vos balbutiements picturaux. Ceci pour plusieurs raisons :

Maîtriser le mélange des couleurs demande un long apprentissage

Bien souvent on se retrouve au début avec une vieille couleur bien moche alors qu’on souhaitait une teinte vive et joyeuse. Alors on recommence plusieurs fois sur sa palette, ce qui ne représente pas une économie de matière, vous le reconnaîtrez.

 

Apprendre les différentes étapes pour la réalisation d’un tableau n’est pas non plus inné.

Il arrive souvent de repasser vingt fois sur la même zone ou de brûler les étapes pour finalement tout recommencer, ce qui est à l’origine d’un gaspillage important de peinture. Mais il faut aussi passer par là pour le comprendre.

Dans ces conditions, investir dans du matériel onéreux est une mauvaise idée au début. Se faire la main et s’entraîner est quelque chose d’indispensable, et rassurez-vous, aucun artiste n’y échappe !

Personne n’a jamais réalisé de chef-d’œuvre du premier coup, à moins d’avoir beaucoup beaucoup beaucoup de chance ou de génie. Ce qui ne concerne pas 99,9% de la population (bon, ça y est, je me suis fait quelques ennemis ^^).

Il vaut mieux acheter peu au début et ajuster son matériel à ses besoins :

– Quelques pinceaux de bonne facture et de forme et taille différentes : pointu, carré, langue de chat.

– Quelques tubes de peinture fine (pour lire l’article au sujet du nombre de couleurs à avoir sur sa palette, c’est par ici 😉 )

– Une toile bien tendue mais qui reste d’entrée de gamme, ou des cartons entoilés.

L’important est de ne pas se décourager en utilisant du matériel de mauvaise qualité, et de ne pas se frustrer non plus par un mauvais rapport résultat/investissement.

 

Conclusion

Alors, avoir du bon matériel fait-il de nous de meilleurs artistes ?

D’une certaine façon, oui ! De même qu’un tennisman possède une bonne raquette, et un boucher un couteau aiguisé, un peintre doit avoir de bons pinceaux et une peinture de qualité s’il veut arriver à ses fins.

La démarche artistique est une chose, la technique en est une autre, le matériel en est une troisième. Pour être un artiste, la plus importante des trois est la démarche artistique, puis vient la technique ou façon de faire, et enfin le matériel, matériaux et outils, desquels surgira l’œuvre. Si ceux-ci sont mauvais, la technique sera bien plus complexe à appliquer pour pouvoir arriver au résultat souhaité, et la démarche artistique sera comme affaiblie par l’énergie que réclamera la difficulté de la technique.

Et vous, qu’en pensez-vous ? Êtes-vous d’accord avec ce raisonnement ? Dites-le moi en commentaire !

A très bientôt 🙂  

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