5 astuces pour peindre efficacement et sans se décourager

Bienvenue à nouveau sur Apprendre à peindre ! Comme ce n'est pas la première fois que vous venez ici, vous voudrez sans doute lire mon guide qui vous explique comment réussir la perspective dans vos tableaux et augmenter ainsi la qualité de vos réalisations : cliquez ici pour télécharger le livre gratuitement ! 🙂

Cela vous est-il arrivé, dans la réalisation d’un tableau, d’être découragé parce que vous avez l’impression de peindre trop lentement ou parce que vous ne voyez jamais le bout de votre travail ?

Ou bien, avez-vous déjà eu conscience d’avoir perdu du temps dans la progression de votre peinture en repassant toujours au même endroit parce que vous n’étiez pas satisfait, ce qui a retardé son avancement ?

Ces sensations sont très désagréables, et gâchent parfois le plaisir de peindre. Alors, si vous le voulez bien, réfléchissons ensemble aujourd’hui aux moyens de vaincre les découragements qui guettent bon nombre d’artistes !

Avant tout, se décomplexer…

Peindre, c’est aussi s’armer de patience et être prêt à consacrer le temps nécessaire pour faire aboutir son travail. Certains peignent plus vite que d’autres… et alors ? Pour ma part, j’aime prendre le temps de réaliser mes œuvres, de me battre avec la couleur pour en tirer vraiment tout ce que je peux. D’autres ne conçoivent la peinture que dans la spontanéité et la rapidité du geste : c’est très bien, chacun sa vision, et surtout son style propre ! Heureusement qu’il n’existe pas qu’une seule recette pour peindre… les musées seraient alors bien monotones 🙂

Parole d’un sage

Si par hasard, vous trouvez que vous peignez trop lentement, et que ça vous décourage parce que vous avez l’impression de ne pas avancer, lisez pour commencer ce que Nicolas Boileau, poète satirique du XVIIe siècle, dit sur l’art d’écrire une poésie… ce que nous pouvons facilement transposer à la peinture 🙂

Travaillez à loisir, quelque ordre qui vous presse,

Et ne vous piquez point d’une folle vitesse

(…)

J’aime mieux un ruisseau qui, sur la molle arène,

Dans un pré plein de fleurs lentement se promène,

Qu’un torrent débordé qui, d’un cours orageux,

Roule, plein de gravier, sur un terrain fangeux.

Hâtez-vous lentement, et, sans perdre courage,

Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage

Polissez-le sans cesse et le repolissez ;

Ajoutez quelquefois, et souvent effacez.

(Boileau, L’Art poétique)

Vous voyez ? Si Boileau lui-même le dit, et d’une aussi jolie manière… 😉 Mais attention, loin de moi l’idée de dénigrer les artistes qui travaillent vite ! C’est une faculté qu’ils ont et qu’on peut leur envier, mais qui vient aussi avec la pratique. Plus votre geste sera sûr, plus vous avancerez rapidement. Plus vous peindrez dans les détails, plus vous y passerez du temps.

Dans notre société où tout va toujours si vite, nous avons souvent du mal à nous poser pour prendre le temps qu’il faut à la création d’une œuvre. Peindre nécessite du temps ! C’est un fait 🙂 surtout si on considère le temps passé à tracer son dessin préparatoire, poser des couches de fond (ou pas d’ailleurs…), formuler ses couleurs, peindre les détails, équilibrer l’ensemble, ajuster les lumières et les contrastes etc…

L’importance de la méthode

Après avoir cherché à vous convaincre que peindre lentement n’était pas un défaut, mais parfois une nécessité pour parvenir à un aboutissement et une qualité de rendu supérieurs, la deuxième chose à considérer est :

Comment ne pas perdre de temps en peinture ?

Perdre du temps c’est par exemple repasser 10 fois au même endroit parce qu’on est jamais satisfait, faire beaucoup de mélanges avant de trouver la bonne couleur, etc.

Personnellement, je pense que la perte de temps en peinture vient dans la plupart des cas d’un manque de méthode, au-delà du fait d’avoir peut-être choisi un sujet très complexe à représenter (il n’y a pas que dans le domaine culinaire où on peut avoir les yeux plus gros que le ventre… 🙂

La bonne nouvelle, c’est que la méthode, ça s’apprend ! Sans que ce soit fastidieux ou indigeste. Je vais donc ci-dessous vous dévoiler (enfin !) cinq astuces afin de peindre efficacement et sans se décourager :

1. Progresser au même rythme sur toute la toile

Il est très important de peindre de façon homogène, autrement dit de ne pas achever une zone avant de passer à une autre. Vous avez trouvé la bonne couleur et vous en avez besoin pour différentes parties du tableau ? Peignez toutes ces parties-là en même temps (les unes après les autres je veux dire 🙂 ), ça vous évitera de devoir recréer cette couleur par la suite !

De plus, en passant beaucoup de temps sur une seule zone au détriment du reste, sachez qu’il vous faudra de toutes les manières la réajuster à l’ensemble ! Le processus de création d’une œuvre est un peu similaire à une histoire. Quand on commence, on ne sait pas forcément comment cela va se terminer, ce qui rend d’ailleurs la tâche plus intéressante. Progressivement, les choses se mettent en place, et on les peaufine les unes par rapport aux autres. C’est finalement là tout le travail de l’artiste : réaliser une harmonie d’ensemble. Après, certains y parviennent très bien en ne suivant pas cette méthode 😉 mais ils ne sont pas légion.

2. Préparer ses lumières

Afin d’obtenir des lumières plus franches, il est primordial de « réserver » les zones lumineuses dès le début du travail, de les préserver en ne posant pas de couche sombre à cet endroit. Ajouter du clair sur du sombre ou du sombre sur du clair nuit à la sincérité des ombres et des lumières. Quand on pose une ombre, on essaye de la maintenir ombre jusqu’au bout. Poser une lumière par-dessus l’ombre affadit cette lumière, car la couleur sombre remonte à travers la couche claire. Ou alors il vous faudra passer cinq couches pour créer une lumière franche et opaque. Pas franchement un gain de temps…

3. Avoir un endroit réservé pour peindre

Remonter son chevalet et déballer sa peinture entre chaque séance peut souvent décourager de s’atteler à la tâche. Dans ce cas, le meilleur remède est de consacrer un endroit à son activité artistique. Il arrive que notre espace de vie soit trop restreint pour permettre d’avoir un atelier. Mais une simple toile posée sur un chevalet, quelques pinceaux et quelques tubes ne prennent pas grand place (je n’ai pas dit qu’il fallait que ce soit en désordre 😉 ). Avoir son ouvrage en face des yeux encourage à s’y mettre, d’autant plus qu’il n’y a qu’à préparer sa palette et remplir un petit pot d’eau ou de medium. 🙂

4. Tout faire pour ne pas perdre son dessin préparatoire

Combien de fois ai-je dû retracer mon dessin parce que je l’avais perdu sous des couches de fond trop épaisses… Quelle perte de temps ! Alors maintenant, soit je réalise le fond bien en transparence pour garder le tracé, soit je réalise ce dernier à l’encre noire indélébile pour qu’il se voie toujours malgré plusieurs passages de matière. Et surtout : ne pas trop détailler son esquisse. Les petits détails précis ne se plaçant que dans les dernières couches, à tous les coups le dessin préparatoire ne sera plus visible à ce moment-là. Rien n’empêche de rajouter un petit coup de crayon par-dessus la peinture pour placer des petits éléments avant la touche finale.

5. Apprendre à connaître les mélanges de couleurs

Evidemment, la recherche des couleurs est un des sujets les plus vastes. Pour vous aider sur ce point, n’hésitez pas à vous rendre sur cet autre article qui expose quelques pistes pour trouver rapidement la couleur recherchée, pour une plus grande économie de temps et de peinture !

Conclusion

J’espère que ces quelques astuces vous permettront de réaliser que souvent, la méthode permet de peindre beaucoup plus efficacement. En peinture, il n’y a (presque) rien de plus gratifiant que de voir son oeuvre avancer de façon satisfaisante.

Une astuce bonus pour terminer en beauté 🙂 Avant de commencer à poser les premiers coups de pinceau, posez-vous quelques instants et prévoyez mentalement les différentes étapes de votre travail en essayant de les rendre logiques : “Je vais commencer par les montagnes bleutées au fond, puis le fond des arbres à l’arrière plan, puis le ciel pour avoir mon ambiance générale, ensuite les ombres du premier plan, les premières lumières sur les arbres, etc….” Ainsi, vous saurez où vous en êtes dans le processus général ! 

N’hésitez pas à me dire ce que vous en pensez, et bon courage !

Sur ce, à bientôt 🙂

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