10 règles d’or en peinture

Peindre est une activité formidable et passionnante, mais qui peut se révéler complexe : il suffit de voir la variété des techniques et des supports, les matériaux parfois un peu capricieux, les couleurs et leurs nuances infinies… Pour commencer à débroussailler tout ça, voici quelques règles essentielles à connaître. A vos pinceaux !

Règle n°1 : Un bon peintre a de bons pinceaux !

Impossible de peindre sur votre toile un détail minutieux si la pointe de votre pinceau… ne ressemble plus à une pointe ! Et vous ne pourrez pas faire un bel aplat si votre outil perd ses poils !

Il ne s’agit pas d’investir dans les pinceaux les plus chers, loin de là. Mais d’avoir un outil adapté à votre travail, bien lavé, et bien rangé entre les séances. Pour les sous-couches, privilégiez des pinceaux plus ordinaires. Mais pour les détails, n’ayez pas peur d’investir dans un pinceau de qualité : le résultat en vaut la peine !

Règle n°2 : Choisir la bonne technique en fonction de l’effet recherché.

Effet mat ? Satiné ? Brillant ? Couleurs pastel ? Transparentes ? Soutenues ? Et oui, la technique utilisée est déterminante pour le rendu final !

Deux exemples classiques pour comprendre : la peinture à l’huile est idéale pour travailler longuement un dégradé ou un glacis car elle durcit lentement, de plus les couleurs sont riches et subtiles. L’acrylique permet entre autres de peindre vite grâce à son séchage rapide, de réaliser de plus gros empâtements, et d’ajouter d’autres matériaux tels que du sable ou du papier grâce à sa stabilité chimique.

Règle n°3 : La célébrissime règle du gras sur maigre.

Vous l’avez déjà certainement entendu : la couche de peinture que vous appliquez doit toujours être plus ou aussi grasse que la couche précédente. Mais pour quelles raisons ?

Plus une peinture contient de l’huile, plus elle est grasse. Et plus elle est grasse, plus elle met de temps à durcir car c’est l’oxygène qui, en pénétrant dans la peinture, casse les molécules et les durcit – contrairement aux peintures sans huile qui sèchent uniquement par évaporation du solvant (eau ou autre…). Le durcissement de l’huile peut prendre plusieurs décennies, voire un siècle si la couche de peinture est très épaisse.

Vous comprendrez que si on applique une peinture moins grasse – qui durcit plus vite – par dessus, en séchant elle va former comme une barrière empêchant l’oxygène de rentrer dans les couches inférieures, qui resteront donc éternellement molles… et fragiles. De plus, en séchant plus vite, la couche supérieure va se contracter et créer des craquelures dites “prématurées”.

Règle n°4 : Prendre le temps de trouver la bonne couleur sur sa palette.

S’il y a bien un moment dans la réalisation de votre peinture où aller vite peut être une perte de temps, c’est quand vous cherchez à obtenir une couleur sur votre palette.

Soit vous vous laissez une certaine liberté en mélangeant votre peinture directement sur le support, et en ajustant au fur et à mesure – ce qui est possible surtout avec une peinture qui sèche lentement, soit vous mélangez sur votre palette et n’appliquez que si vous êtes satisfait de votre couleur. Dans ce dernier cas, prendre le temps de formuler son mélange n’est pas une perte de temps, car une fois la couleur trouvée et appliquée, vous n’aurez plus besoin d’y revenir. Au final, vous peignez lentement mais le tableau avance vite car vous ne repassez pas deux fois au même endroit : gain de temps et de peinture… qui refuserait ? 🙂

Règle n°5 : La lumière est toujours opaque.

Plus la lumière que vous souhaitez représenter est intense, plus elle sera opaque, c’est à dire appliquée en couche suffisamment épaisse pour que la couleur qui se trouve dessous ne transparaisse pas et n’altère pas sa luminosité.

Astuce:  Accentuez davantage la lumière en appliquant la touche lumineuse en empâtement afin qu’elle accroche la lumière extérieure à votre tableau.

Règle n°6 : Méfiez-vous autant que possible de la couleur noire.

A mon sens, la couleur noire n’a d’intérêt en peinture que pour représenter un objet réellement noir ou du moins pour accentuer certaines zones très sombres. Son emploi mélangée à une autre couleur est difficilement pertinent et demande une bonne maîtrise acquise par l’expérience. Pour une raison bien simple:  le noir salit une couleur, la rend terne et fade : on parle de couleur “rabattue”. Alors méfiance…

Règle n°7 : Plus la lumière est intense, plus l’ombre doit l’être aussi.

Question de logique tout simplement, mais à laquelle on ne pense pas toujours 😉

Règle n°8 : La perspective atmosphérique pour reproduire les distances.

Plus une couleur est froide et pâle, plus elle nous paraît lointaine. A contrario, plus une couleur est chaude et sombre, plus elle nous paraît proche. Depuis des siècles, les peintres utilisent cette méthode pour représenter les paysages et nous donner une sensation d’horizon lointain. A exploiter !

Règle n°9 : Une composition équilibrée.

Vous pouvez être le meilleur coloriste du monde, ça ne rattrapera pas une peinture dont la composition est mauvaise. Beaucoup de choix sont possibles : compositions en triangle, en quadrillage, en trois parties, etc. Notre inconscient est perturbé si les masses ne sont pas bien réparties sur la surface, si le jeu de courbes et contre-courbes est maladroit. Développer ici toutes les règles de composition serait trop long : mais pour l’heure sachez que le bon sens n’est pas totalement étranger à ces règles. Observons les Grands Maîtres, leurs tableaux parlent d’eux-mêmes.

Règle n°10 : Le temps de séchage.

Quelle que soit la technique employée : huile, acrylique, aquarelle, gouache, caséine, tempéra à l’œuf, etc. il est primordial de ne plus toucher à sa peinture une fois que le processus de séchage a commencé, même (surtout!) en rajoutant du solvant. La couche de peinture risquerait de former des creux voire des trous, pire de se décrocher de son support. Dans tous les cas les conséquences sont difficiles à rattraper. Mieux vaut attendre que le séchage (ou durcissement) soit terminé (ou la peinture suffisamment solide) pour repasser par dessus.

A bon entendeur, salut 🙂

Photo de Rogelio A. Galaviz C.

 
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